Le pain des temps maudits - Mauthausen

Auteur : Paul TILLARD
Editeur : L'Harmattan / coll. Les sentiers de la liberté
Pages : 278
Langue : français
Date de parution : 2007
Disponibilité - Prix : oui - 25,00 €

Le pain des temps maudits (1965) est suivi de Mauthausen (1945).

Les préfaces sont de Jacques Rupnik (2007) pour le premier texte et de Jean-Richard Bloch (1945) pour le second.

Cette réédition est un événement. La mémoire française de Mauthausen, en effet, s’est constituée sur un noyau de récits fondateurs : Laffitte, Wetterwald, Tillard, auxquels on pourrait ajouter Cayrol (moins centré sur Mauthausen), Ulmann (poèmes du camp et récit de 1945, moins diffusés), Riquet (pour un bel article oublié de 1945 titré L’Europe à Mauthausen), Heim (un discours mémorable en 1945 sur l’Allemagne, vite anachronique…) et, encore, Debrise, Lacaze et quelques autres. Nulle hiérarchie dans ce rappel, mais un constat : ces auteurs, qui figurent dans mainte bibliothèque familiale, sont depuis longtemps introuvables ailleurs. Ils ont peut-être une éloquence plus grande que les témoignages de rescapés lambda, parce qu’ils apparaissent nimbés d’une dignité littéraire ; ainsi ont-ils largement contribué à confectionner ce que Pierre Saint-Macary appelait "la saga" du camp, autrement dit un répertoire de séquences et d’épisodes où ont puisé les déportés, y empruntant des mots. Ce sont nos "classiques". La moisson importante de récits publiés depuis une décennie, sur le mode des mémoires, les a relégués. Tous ces livres, anciens et récents, sont des récits autobiographiques, tentés plus ou moins d’apparaître comme des documents historiques, pour certains, cependant, ouvertement fictionnels, quoi qu’il en soit n’interférant que très peu avec les objectifs et la démarche des historiens, que, d’ailleurs, ils intéressent peu.

Rappelons que l'on doit au professeur Peter Kuon, de l'Université de Salsbourg, une apporche novatrice de tous ces récits, sans présupposé de littérarité (voir dans le bulletin n° 307 sa contribution remarquée à notre congrès de Nantes, et d'autres travaux de son équipe sur les stratégies d'écriture de P. Tillard).