Michel HACQ - "forain", "jasmin", "zitner" (1909-1994)

Mauthausen - Ebensee - Melk (matricule 62 519)


Né le 11 mai 1909 à Néry-sur-Seille (Jura), licencié en droit en 1929, fils d’un professeur d’allemand, Michel Hacq accomplit deux séjours de six mois à Munich en 1927, puis à Londres en 1929. Après son service militaire, il sollicite un poste de commissaire de police. Nommé à ce grade en 1934, à Vitré (Ille-et-Vilaine), il exerce ensuite ses fonctions à Reims (police mobile) et Paris (Contrôle général des services de police criminelle). Le 3 mai 1937, il est nommé commissaire spécial de la Surveillance du territoire à Belfort, où il reste jusqu’à la guerre. Nommé en affectation spéciale à Draguignan, il est affecté à Toulon en février 1941 et apparaît comme un policier plein d’avenir. Il participe à la répression contre les communistes dont il arrête encore dix-sept militants en avril 1942, ce qui lui vaut des félicitations du gouvernement Pétain. La rupture avec Vichy intervient avec l’occupation de la zone sud. Il participe dès lors à la protection des liaisons clandestines par sous-marins entre Alger et la presqu’île de Saint Tropez (mai-juin 1943). Ces opérations sont organisées par les services alliés et les services spéciaux du commandant Paillotte. C’est avec leur accord qu’il devient chef du secteur de Toulon pour le réseau OSS de Fred Brown. L’arrestation par les Allemands de son opérateur radio, le 9 juillet 1943, l’oblige à entrer dans la clandestinité avec les inspecteurs qui l’ont suivi. Chef de mission de 2ème classe (Jasmin et R.2.25, et à Londres Zitner) d’Ajax, le réseau créé par Achille Peretti au sein de la police nationale, il en dirige la centrale de zone sud à partir d’août 1943 jusqu’à son arrestation en novembre à Paris. Torturé, condamné à mort par le tribunal militaire de Marseille, il voit sa peine commuée et il est déporté au camp de Mauthausen.

A son retour de déportation, sa nomination par Alger au grade de commissaire divisionnaire est confirmée après étude de son cas par la commission d’épuration du Ministère de l’Intérieur. Il est affecté comme chef du Service régional de la police judiciaire à Bordeaux. Détaché en 1946 auprès du commissaire général pour les Affaires allemandes et autrichiennes, il exerce les fonctions de directeur des Services de contrôle du haut-commissariat de la République française en Sarre de 1948 à 1953. Nommé directeur de l’Ecole nationale supérieure de police de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, il y reste jusqu’en février 1958. Il devient alors directeur de la police judiciaire, fonction qu’il occupera jusqu’en 1968, date à laquelle il est nommé conseiller d’Etat en Service extra-ordinaire. Sous le pseudonyme de Professeur Hermelin, il avait dirigé en Algérie en 1961, la "force C" composée de policiers chargés de la lutte contre l’Organisation de l’Armée Secrète. Retraité en 1969, il meurt en 1994.


René WATHIER

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