Melk

Un important travail vient d’être effectué par une équipe associative locale pour produire et rendre disponible une note d’informations concernant le camp de Melk, annexe de Mauthausen (1944-1945) : histoire, possibilités de visite, références.
On peut lire ce document (13 pages), actuellement en allemand seulement, sur le site Internet du mémorial de Melk.

Mais l’Amicale avait été sollicitée, il y a quelques semaines, pour revoir une première traduction française, ce qui fut fait (par Claude Simon, Sylvie Ledizet, Caroline Ulmann) et transmis aux concepteurs. La mise en ligne de la version française est annoncée pour « bientôt ».

Prix de recherche Mauthausen Memorial

En septembre 2018, le Mémorial de Mauthausen présentera le tout premier prix de recherche du Mémorial de Mauthausen. Le prix sera décerné pour des recherches exceptionnelles sur l’histoire du complexe de camp de concentration de Mauthausen et sur des sujets connexes. Le prix , d’un montant de 5 000 €, peut être partagé entre deux gagnants.

Une attention particulière sera accordée à la promotion des chercheurs en début de carrière. La série Mauthausen-Studien, publiée par le Mémorial de Mauthausen, offre une plate-forme supplémentaire pour la publication de travaux qui méritent un soutien particulier.

Le Mémorial de Mauthausen vise à promouvoir la recherche dans les domaines suivants :

  • recherche sur l’histoire du camp de concentration de Mauthausen, du camp de Gusen et de tous les camps annexes.
  • recherche sur l’histoire des sous-camps du camp de concentration de Dachau sur le territoire autrichien d’aujourd’hui.
  • recherche interdisciplinaire sur tous les types de camps de l’ère nazie liés à l’histoire du complexe de concentration de Mauthausen, par exemple les camps d’extermination, les camps de travail, les camps de travaux forcés, les camps de travaux forcés pour les Juifs, Camps de la Gestapo, camps d’internement de la police et camps de prisonniers de guerre.
  • recherche sur les institutions liées au camp de concentration de Mauthausen, par exemple l’histoire du système pénal sous le national-socialisme.
  • biographies ou biographies collectives de personnes ou de groupes ayant un lien avec l’histoire du complexe de concentration de Mauthausen, par exemple des « groupes de prisonniers » dans les camps de concentration national-socialistes.
  • recherche sur la culture mémorielle et l’histoire de l’après-guerre du camp de concentration de Mauthausen.

Dans la mesure du possible, les documents de recherche sur les sujets énumérés ci-dessus devraient être non publiés ; si ce n’est pas le cas, la date de publication ne doit pas être antérieure à trois ans avant la date de soumission. Les thèses et dissertations académiques sont les bienvenues. Les articles doivent être soumis sous forme électronique avec un CV et un résumé (500 mots maximum) avant le 31 mai 2018 à forschungspreis@mauthausen-memorial.org.
Les travaux peuvent être faits dans n’importe quelle langue ; les documents rédigés dans une langue autre que l’allemand ou l’anglais doivent être accompagnés d’un résumé complet en allemand ou en anglais d’environ 5 000 mots, sur lequel les travaux seront évalués. Tous les travaux seront examinés par un jury. Le prix sera décerné en septembre 2018.

L’année commémorative décidée par les autorités fédérales autrichiennes

1918 / 1938 / 1948 :  tels sont les repères, fixés par les autorités autrichiennes, d’une ambitieuse démarche qui va ponctuer l’année. Heinz Fischer, président fédéral jusqu’en 2016, personnalité consensuelle, est à la tête du dispositif.

Un pays doit être au clair avec son histoire, l’assumer entière, et bien sûr tirer les leçons – exigence à toujours remettre en chantier. Pour l’Autriche, de tous côtés, on s’accorde à considérer que la tâche est considérable, tant les habitudes y sont de temporiser, chercher à tout prix les compromis qui permettent de continuer sans rien bousculer. Hors d’Autriche, mesure-t-on les cataclysmes pourtant subis par les Autrichiens au cours du siècle dernier –  sans que les apparences de sociabilité, le panache d’une « apocalypse joyeuse », en aient été chamboulés. Subsiste, à coup sûr, une conscience collective, au prix parfois du refoulement : la culture, art d’accommoder les restes ; la bienséance de l’oubli, en y sacrifiant la vérité. Une année donc de retour sur soi. Le contexte politique est-il une opportunité, ou déjà une impasse annoncée ?  

1918 | l’Autriche, vaincue de la Grande guerre, vécut aussi l’effondrement de l’empire – pas seulement du régime dynastique, mais surtout de la géographie, de siècles de rayonnement au centre de l’Europe d’une puissance plurilingue, à l’identité ouverte, volontiers débonnaire. L’Autriche, désormais ce petit territoire à la capitale hypertrophiée.

1938 | l’Anschluss (« rattachement » – invasion, ou absorption désirée par beaucoup, dans une perspective pangermaniste – voir le récit d’Eric Vuillard, L’ordre du jour (Goncourt 2017, cf. bulletin n° 349, juillet 2017, p. 24-25). Disparition de l’Autriche, rien moins, devenue province du IIIe Reich, et donc aussi, en passant, abolition de la république (certes, elle n’avait pas été exemplaire, et même s’était vite reniée dans l’« austrofascisme » !), au profit de la soumission à l’ordre totalitaire nazi, dont les juifs furent la première cible. Le 12 mars, les troupes allemandes. Le 15, Hitler de retour au pays, acclamé au balcon de la Hofburg à Vienne. Un engloutissement comme peu de nations européennes en ont connu. Pour notre part, en mai, nous commémorerons le 80e anniversaire de la création du camp de Mauthausen, où furent conduits en 1938 des détenus allemands, en 1939 les premiers Tchèques et des Polonais en plus grand nombre, en 1940 des républicains espagnols, en 1941 des Soviétiques, et la suite… : 1938 est aussi une date inscrite dans la mémoire des peuples d’Europe. La France « accueillit » des réfugiés autrichiens, qu’elle interna en 1939, et dont elle n’est pas quitte du sort qu’ensuite il leur fut fait (pour quelques-uns : Mauthausen…).

1948 | Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Les autorités autrichiennes ont choisi cet ancrage, plutôt que, par exemple, 1955, date de récupération d’une pleine souveraineté, après le départ des armées d’occupation. En 2018, l’Autriche officielle affiche européisme et universalisme. Aux antipodes des slogans nationalistes du FPÖ – jeu compliqué : qui triche ?

(début du texte à paraître dans le prochain bulletin de l’Amicale, courant avril 2018)

Des traces et des gestes, Mémoires européennes des camps nazis

Documentaire de 52 minutes de Bernard Obermosser et Jean-Louis Roussel,
une production de l’Amicale française de Mauthausen,
janvier 2018

Plus de 70 ans après leur libération, les sites des anciens camps nazis ne sont pas déserts : les visiteurs y sont nombreux, les rendez-vous commémoratifs sont empreints d’une étonnante énergie. Ce deuxième âge de la mémoire n’est pas réductible à une forme inattendue de tourisme.

Ce film, qui n’est pas un recueil de témoignages sur la déportation, propose d’entendre quelques acteurs de ces pratiques, parmi les plus impliqués. Décodant les rituels officiels et les pratiques inventives qui émergent, il s’attache à repérer les gestes sociaux, à formuler du sens. Contribuant certes au souvenir du passé, mais surtout observant le présent. Qu’on en ait clairement conscience ou non, les sites concentrationnaires nazis sont désormais inscrits dans l’espace culturel de notre continent.

L’observation porte principalement sur l’ancien camp de Mauthausen, en relation constante avec ce qui s’accomplit en d’autres lieux, Buchenwald, Ravensbrück, Natzweiler-Struthof, Auschwitz.

Vous pouvez également retrouver l’ensemble des précédentes vidéos de l’Amicale…
>> ICI

Mauthausen, l’Autriche, l’Europe

13 février 2009 : graffiti sur le mur d’enceinte du camp
« Ce que le juif était pour nos pères, l’engeance musulmane l’est pour nous.
Soyez sur vos gardes ! 3e guerre mondiale – 8e croisade »
(traduction Jean-Marie Winkler)

Les cendres des 5 000 Français morts dans le réseau du camp de Mauthausen sont en terre autrichienne. Les rescapés n’ont eu de cesse de faire connaître le crime nazi et lutter pour la « solidarité internationale ». Depuis plus de 70 ans, l’Amicale de Mauthausen a ainsi acquis une longue pratique de la société autrichienne et y a développé des partenariats et amitiés fertiles. L’inquiétude est grande devant une situation politique où l’un des ministres héritiers du nazisme – qui veut textuellement « concentrer » les migrants – est en charge des nécropoles, mémoriaux et archives du camp !

Sur le monument français érigé en 1949 sur le site de l’ancien camp nazi de Mauthausen, on lit : « À l’Autriche libérée, la France confie ses morts ». L’énoncé prend aujourd’hui une acuité imprévue. Proclamons pourtant que le pacte n’est pas caduc : il faut l’entendre d’abord comme une injonction. Sa mise en œuvre fut toujours un combat, dans un pays qui a mis bien du temps à regarder, même de biais, ses responsabilités dans le nazisme : avoir plébiscité l’Anschluss et fourni de nombreux hiérarques à la SS, avant ces décennies d’occultation, voire de négation du passé auxquelles fit face la violente solitude de Thomas Bernhard, parmi quelques grandes consciences critiques (Franz Innerhofer, Heimrad Bäcker) et d’obscurs militants courageux.

En Autriche, la nouvelle majorité gouvernementale inclut le FPÖ, un parti que ses origines, ses attaches symboliques et ses positions politiques classent sans conteste à l’extrême-droite. Qui plus est : voici le FPÖ installé à des postes de premier plan – Intérieur, Défense, Affaires étrangères – et son chef, Heinz Christian Strache, est vice-chancelier. On sait moins que, depuis 1955, les archives et le mémorial de Mauthausen sont sous la protection du ministère de l’Intérieur : ce patrimoine historico-culturel est tombé entre les mains d’Herbert Kickl, plume et cerveau de Jorg Haider, le dirigeant du FPÖ mort en 2008.

Le FPÖ gouverne l’Autriche « à 75% », a aussitôt clamé Strache, tandis que, recevant à Bruxelles le chancelier Sebastian Kurz (droite conservatrice), Jean-Claude Juncker n’a pas craint de se dire « d’accord presque à 100% » avec le programme du nouveau pouvoir autrichien. Ces pourcentages sont un jeu de dupes : si la gravité du fait politique n’est pas mesurable en quelques semaines, elle ne saurait néanmoins être éludée. Kurz s’est empressé de rassurer Israël et plusieurs chefs d’État ou de gouvernement européens. Face à lui, rien qui rappelle la mise au ban de l’Autriche en Europe, en 2000, lorsque le FPÖ déjà avait été admis, avec un poids bien moindre, dans une coalition de gouvernement. Dans un espace continental où l’extrême-droite a élargi son audience, abattu les tabous, chacun fait comme s’il ne se passait rien.

Concédons que, dans la tête du nouveau titulaire de l’Intérieur comme dans celle de ses électeurs, le devenir du mémorial de Mauthausen passe probablement après le « problème des migrants » – mais il serait imprudent de croire qu’un ministre idéologue négligera les repères symboliques. Si l’approche des questions migratoires peut, en théorie, s’effectuer hors de tout préjugé sur l’autre, on ne peut attendre cette exigence philosophique de l’extrême-droite, dont la xénophobie est la signature fondatrice et le fonds de commerce. Déniant annoncer le retour du racisme d’Etat, le nouveau pouvoir ne fait pas illusion : le visage de l’étranger inassimilable, dans l’Autriche d’aujourd’hui – pour les raisons historiques que l’on sait –, ce n’est pas le juif, mais le musulman, voilà tout. L’anonymat du graffiti a néanmoins permis d’associer les deux dans l’insulte, sur la muraille du camp, à plusieurs reprises ces dernières années. Et – le mot a vite produit la polémique recherchée – Kickl a déjà textuellement envisagé de « concentrer» les migrants, selon l’art du jeu de mots cynique qui est la marque de l’extrême-droite européenne.

Tous les peuples du continent attestent le crime de masse commis à Mauthausen : plus de cent mille morts, de la Russie à l’Espagne, de la Grèce à la Pologne, en quasi-totalité des déportés étrangers « concentrés », dont près de cinq mille Français et autant de républicains espagnols réfugiés en France. Un jour pas si ancien, à Paris, un diplomate autrichien fit cet aveu involontaire de l’enseignement historique qu’il avait reçu : « Ah bon ? il n’y avait pas que des Autrichiens dans ce camp ? … ».

De ce caractère foncièrement continental de la tragédie idéologique et humaine que furent les camps nazis, témoigne chaque année début mai la foule cosmopolite commémorant la libération de Mauthausen, à l’appel du Comité international, qui y convie les plus hautes autorités autrichiennes. Elles ne furent pas invitées en 2000 – en 2018, tout indique que le président Van der Bellen, élu de justesse contre le chef du FPÖ il y a un an, y sera d’autant mieux accueilli, en l’absence sans doute de l’actuel gouvernement.

Jusqu’à une époque récente, le savoir sur le vécu-Mauthausen fut principalement hors d’Autriche. La société autrichienne s’est attachée à externaliser le camp de Mauthausen, nous expliquait en 2004 à Toulouse le jeune militant autrichien Andreas Baumgartner, aujourd’hui secrétaire général du Comité international. Dans le paysage : la silhouette glaçante et grotesque de la forteresse, sur cette colline de granit sans charme, étant considérée comme un corps étranger. Dans sa signification historique surtout : nous ne sommes pas responsables et n’avons rien su.

Cette thèse ne peut être soutenue à propos des 49 camps satellites, dispersés sur le tissu rural de l’Autriche. Des militants de la mémoire du système-Mauthausen, longtemps isolés, y ont été nos premiers contacts, réciproquement précieux. La mémoire du camp était celle des rescapés, de leurs associations – et d’importantes archives sont en France. En Autriche, où l’Amicale française de Mauthausen effectue depuis 1947 au moins deux voyages annuels, les échanges se sont, les dernières décennies, notablement enrichis et diversifiés. Quelques universitaires, à Linz, Vienne, Klagenfurt, Salzbourg, historiens ou non, parfois ouvertement en position militante, ont pris en considération le « savoir-déporté » (beau titre d’Anne-Lise Stern !) venu d’ailleurs. Citons le positionnement remarquable de Peter Kuon, directeur de l’Institut d’études romanes de l’université de Salzbourg, qui embarqua ses étudiants, des années durant, dans l’étude – textuelle et non historique – du corpus des récits publiés en France par des déportés français de Mauthausen (nombreuses communications et un livre, paru en français, L’écriture des revenants, 460 p., 2014).

À partir des années 2000, le ministère de l’Intérieur et parfois certains Länder entreprirent d’assumer leurs responsabilités en préservant quelques sites, y affirmant de véritables ambitions muséographiques (Mémorial de Mauthausen, centre de mise à mort de Hartheim), plus souvent en apposant des stèles, en particulier dans la région de Vienne. Les associations de mémoire de Mauthausen, le MKÖ en Autriche, et notamment l’Amicale française, furent sollicités pour des partenariats concrets.

Ainsi pouvait-on croire que l’Autriche institutionnelle et sociétale avait enfin admis et encouragé la légitimité d’un travail de mémoire actif, multiforme, intégrant les sites du camp dans le paysage historico-culturel européen – l’Autriche avait en quelque sorte rattrapé, dans les apparences et les gestes, sinon dans les têtes, le travail accompli depuis les années 1960 par l’Allemagne. Ce sont ces avancées, ces fiertés partagées, étayées par les sciences sociales, prenant corps en pratiques éducatives, constituant peu à peu un socle de repères civiques et civilisationnels, qu’aujourd’hui on peut craindre fragilisés, gelés, dévalués, balayés peut-être. Nos amis autrichiens sont sous le choc, parlent de « catastrophe », à l’heure où des directeurs politiques ont été nommés à la tête des départements ministériels, du jamais vu dans le pays.

Dans une tribune véhémente publiée fin décembre, Benjamin Abtan, Bernard Kouchner, Serge et Beate Klarsfeld ayant réclamé la « mise au ban » des ministres « héritiers du nazisme » sont récusés par le FPÖ comme « des voix issues du passé »… N’y a-t-il rien, vraiment, à apprendre du passé nazi de l’Autriche, dans la situation présente ?

Le 16 mai 1945, les déportés libérés proclamèrent sur l’Appellplatz du camp, en douze langues, un Serment tourné vers le futur. Ces hommes ayant survécu à une jungle conçue pour hiérarchiser et discriminer à l’infini, ayant la violence et l’arbitraire pour seules règles et la mort comme unique horizon, édictèrent une pensée de l’avenir, tissée des mots de l’utopie certes, et d’un internationalisme assumé. Ils y énoncent cette vérité lumineuse : « le séjour de longues années dans les camps nous a convaincus de la valeur de la fraternité humaine ».

Le 1er novembre 2017, à Graz, le Pr. Peter Gstettner, devant le mémorial international des victimes du nazisme, a prononcé un discours aussi opportun que courageux. Depuis plusieurs décennies, il s’est battu, longtemps seul, dans la province de Carinthie, fief du FPÖ, que présida Haider et dont Kickl est natif, pour imposer que le souvenir du camp nord du Loibl, enfoui sous la forêt, soit honoré sur site. A Graz, il explique qu’il ne faut pas céder à ceux, très nombreux, qui réclament qu’on établisse enfin l’égalité de tous les morts, et qu’« effaçant ainsi les rôles de victime et de bourreau, les crimes nazis se trouvent dégradés en actes de guerre ordinaires ». Il démasque ceux qui fuient la vérité historique au nom des prétendus « soucis » du présent : en réalité, la question des migrations, abordée par l’écrivain allemand Hans Magnus Enzensberger dans La grande migration (1994) qui établit le lien entre le sécuritarisme croissant de nos sociétés et les situations vécues au sud, dont les pays du nord sont largement responsables. Gstettner dit : « c’est cela et rien d’autre que nous sommes tout près de vivre aujourd’hui : l’Europe […] organise la chasse à l’homme qui vise ceux qui viennent y chercher protection. […]. Il n’y aura bientôt plus aucun gouvernement qui mettra en œuvre une autre stratégie que celle-ci ». Il conclut en citant Enzensberger : « plus une civilisation se défend contre une menace extérieure, plus elle s’emmure, moins elle a en fin de compte de choses à défendre. Pour ce qui est des barbares, inutile de les attendre à nos portes. Ils sont toujours déjà là ».

Il serait inconséquent de diaboliser la société autrichienne, où les consciences résistantes entament un combat désespéré. Peut-on faire encore le pari que l’alliance politique aventureuse nouée en décembre, déjà jouée bien souvent à l’échelon local et une fois au niveau fédéral, s’enlisera avant d’embarquer l’Autriche dans une « catastrophe » majeure ? Les circonstances semblent hélas favorables au pire, vu l’évolution rapide qui affecte l’ensemble de la région – et tandis qu’en Allemagne même, l’extrême-droite redevient menaçante. Au courrier que lui ont adressé le président du Comité international, le Luxembourgeois Guy Dockendorf, et Andreas Baumgartner, pour exprimer leur grande inquiétude concernant la politique mémorielle, le président Van der Bellen a répondu qu’il ne laisserait pas s’accomplir l’inacceptable. Souligne-t-on assez que la démocratie ne se limite pas au vote majoritaire, que la souveraineté populaire a des fondements plus exigeants ? Un piège s’est refermé, que la voix du président le mieux intentionné ne suffira pas à desserrer.

Des traces et des gestes

Des traces et des gestes
Mémoires européennes des camps nazis

Documentaire de 52 minutes de Bernard Obermosser et Jean-Louis Roussel
Une production de l’Amicale de Mauthausen
janvier 2018

Plus de 70 ans après leur libération, les sites des anciens camps nazis ne sont pas déserts : les visiteurs y sont nombreux, les rendez-vous commémoratifs sont empreints d’une étonnante énergie. Ce deuxième âge de la mémoire n’est pas réductible à une forme inattendue de tourisme. 

Ce film, qui n’est pas un recueil de témoignages sur la déportation, propose d’entendre quelques acteurs de ces pratiques, parmi les plus impliqués. Décodant les rituels officiels et les pratiques inventives qui émergent, il s’attache à repérer les gestes sociaux, à formuler du sens. Contribuant certes au souvenir du passé, mais surtout observant le présent. Qu’on en ait clairement conscience ou non, les sites concentrationnaires nazis sont désormais inscrits dans l’espace culturel de notre continent. 

L’observation porte principalement sur l’ancien camp de Mauthausen, en relation constante avec ce qui s’accomplit en d’autres lieux, Buchenwald, Ravensbrück, Natzweiler-Struthof, Auschwitz.

Journée de la déportation, 29 avril 2018

message des associations de mémoire des camps pour la journée de la déportation du 29 avril 2018

La loi de 1954 fait du dernier dimanche d’avril la journée du souvenir des victimes et des héros de la Déportation. Nous rendons hommage à ces hommes et ces femmes qui ne sont pas revenus de la tragédie qui a frappé tant de combattants de la liberté, et à l’ensemble des victimes de la tyrannie national-socialiste.

Nous pensons avec beaucoup d’émotion à ces disparus, à qui nous devons une part de notre liberté. Leur engagement nous apparaît d’autant plus exemplaire aujourd’hui qu’un peu partout en Europe et sur d’autres continents, ressurgissent les nationalismes, les fanatismes politiques et religieux, le racisme et l’antisémitisme, l’intolérance sous toutes ses formes, la xénophobie. De nouvelles idéologies mortifères se font jour, se réclamant parfois du funeste héritage du nazisme, ou s’en inspirant sans le dire. Le recours à la torture, les violations des droits humains, allant jusqu’à l’esclavagisme, se donnent libre cours dans un nombre croissant de pays et la montée des votes de l’extrême droite fragilise les démocraties.

Face à ces graves et multiples périls, le message que nous ont légué les déportés disparus et que les survivants des camps ont à cœur de rappeler sans relâche, demeure plus que jamais d’actualité : la paix, la liberté, la solidarité, l’égalité. Les droits humains ne sont jamais acquis une fois pour toutes. C’est pour nous un devoir constant d’alerter les générations actuelles et d’éduquer les plus jeunes sur la réalité du passé tragique qui nous réunit.

Association Buchenwald-Dora, Amicale de Dachau, Amicale de Mauthausen, Amicale de Neuengamme, Amicale de Ravensbrück, Amicale de Sachsenhausen

Nos prochains rendez-vous

Le 5 mai, l’Amicale ravive la Flamme sous l’Arc de Triomphe.
Le rendez-vous est à 17h30, dans le passage sous l’Arc. Soyons nombreux à cette cérémonie !

73e ANNIVERSAIRE DE LA LIBÉRATION DU CAMP DE MAUTHAUSEN
Voyage du 4 au 8 mai 2018
Parcours de visite et participation de la délégation de l’Amicale française aux cérémonies internationales :
Samedi 5 mai : EbenseeGusen
Dimanche 6 mai : Mauthausen (camp central), en présence du président fédéral autrichien et de l’ambassadeur de France) – Hartheim
Lundi 7 mai : MelkSteyr

Voyage sur les sites nord et sud du camp du Loibl Pass
Les cérémonies se dérouleront le 9 juin.

Pour rejoindre le groupe de l’Amicale, contacter le secrétariat au 01.43.26.54.51

Actualisation mensuelle du site de l’Amicale

Le site internet de l’Amicale, campmauthausen.org, après une assez longue période de demi-sommeil, due à l’empilement de plusieurs causes, a retrouvé sa vitalité.
Et même, notre webmestre, Pierre Fréteaud, annonce que, désormais, la page d’accueil sera actualisée le premier mercredi du mois : un motif d’aller y voir, d’accomplir ce geste simple de fidélité, de conforter le pacte.
Sur un autre registre, l’actualisation consistera aussi, progressivement, en une légère transformation de l’arborescence, un enrichissement des contenus.
Vos souhaits et suggestions sont les bienvenus.

LE TROISIÈME MONUMENT

  • ◊ Après le premier monument – le monument français de Mauthausen –, le premier construit en Autriche (1949) sur l’une des terrasses où se trouvait le cantonnement SS (ces terrasses sont aujourd’hui occupées par l’ensemble des monuments nationaux) ;
  • ◊ cinquante ans après le deuxième monument, celui du cimetière du Père-Lachaise à Paris construit en 1958 ;
  • ◊ le troisième monument est un monument immatériel ; pour autant, ce site Internet constitue un authentique mémorial ainsi qu’un outil de recherche sur les Françaises et Français déportés à Mauthausen :
    – 9.500 fiches individuelles de déportés,
    – de nombreux articles d’historiens sur les convois et Kommandos,
    – et bien d’autres à venir.

>> Pour toute précision ou demande d’information,
nous vous invitons à contacter le secrétariat de l’Amicale