Histoire

Les origines
L’Amicale de Mauthausen – déportés, familles et amis (ainsi désignée sous son nom actuel) a été créée le 1er octobre 1945 par les rescapés français. 
Les déportés français ont dès l’origine accueilli leurs camarades républicains espagnols, déportés de France : engagés comme supplétifs de l’armée française, faits prisonniers de guerre, spoliés de ce statut, ils furent extraits des Stalag pour être transférés à Mauthausen, dès l’été 1940. La dictature franquiste ayant survécu à la victoire des Alliés sur le nazisme, les républicains espagnols rescapés de Mauthausen, devenus « apatrides », revinrent s’installer en France, pour la plupart. L’identité franco-espagnole de l’Amicale française a perduré.

Les premières années
L’Amicale s’est d’abord consacrée à la réalisation d’objectifs sociaux : droits des rescapés, aide aux veuves et orphelins. Elle se nourrit du Serment prononcé le 16 mai 1945 en onze langues par les déportés libérés et pérennise la fraternité tissée au camp, sous la conduite, durant un demi-siècle, d’un homme remarquable, Émile Valley (mort en 1999).
En 1949, l’Amicale française érige le premier monument national au camp de Mauthausen. 

Les actions de mémoire
Depuis 1948 – sauf en 2020 –, l’Amicale de Mauthausen organise au moins deux voyages par an en Autriche : en mai, pour les commémorations de la libération (camp central et principaux camps satellites : Gusen, Melk, Steyr et Ebensee) ; fin octobre (ce fut, les premiers temps, le « pèlerinage » des veuves), pour un parcours de mémoire sur de nombreux sites. Elle participe aussi chaque année en juin aux commémorations de la libération des deux camps du Loibl (Autriche) / Ljubelj (Slovénie).
En Autriche, l’Amicale entretient des relations avec les autorités (gouvernement fédéral, Länder, municipalités) et avec les associations locales attachées à la préservation des vestiges et de la mémoire des camps satellites.  
En France, soit par des activités spécifiques, soit au sein de l’Union des associations ou en relation avec la Fondation pour la mémoire de la déportation, elle œuvre pour fortifier la connaissance de ce que furent les camps nazis. 
L’Amicale française est très impliquée dans le Comité International de Mauthausen. 

Le relais
En 2000, lors de leur congrès tenu à Linz, les déportés de l’Amicale française ont choisi de passer le relais aux générations plus jeunes. Deux décennies plus tard, le pari est tenu : tout en poursuivant ses engagements traditionnels, l’Amicale a développé des activités nouvelles, avec des acteurs et partenaires diversifiés, en France et en Europe, pour répondre aux attentes d’aujourd’hui. 

En cette fin 2020, l’Amicale compte quelque mille adhérents, parmi lesquels vingt anciens déportés français. Le dernier déporté républicain espagnol est décédé en octobre, à l’âge de 101 ans. Il résidait en Champagne depuis 1945. 

► pour en savoir plus : Sur les débuts de notre Amicale, article de Pierre Daix in bulletin n°301, avril 2005, p. 2-3