Disparition de Juan Romero

Juan Romero Romero, né le 21 avril 1919, était le dernier survivant des combattants républicains espagnols réfugiés en France ayant subi la détention dans le camp nazi de Mauthausen ; il était aussi, souligne la presse espagnole, le dernier déporté espagnol encore en vie.
Il est décédé à Aÿ, où il résidait depuis son second exil en France, à son retour de Mauthausen.
Ses obsèques se dérouleront le vendredi 9 octobre à 14h30 à Aÿ.

Juan Romero incarnait parmi nous la fidélité des combattants républicains à leurs engagements pris il y a plus de 80 ans, sur lesquels ils n’ont jamais transigé, en dépit des défaites, des humiliations, des violences d’État. Sa disparition survient alors que le pouvoir politique espagnol multiplie les avancées pour, selon le mot du juriste Antoine Garapon, « réparer l’histoire » : en près d’un demi-siècle, la jeune démocratie espagnole n’a pas encore abattu les derniers et encore puissants symboles de la dictature franquiste. La vice-présidente du gouvernement espagnol est venue à la rencontre de Juan Romero, à Aÿ, le 22 août dernier, pour témoigner de la volonté de son gouvernement devant le dernier acteur historique du combat des républicains. Le geste était beau et éloquent. L’étape politique ultime, pour tous les fidèles à la cause légitime des combattants antifranquistes, Juan ne l’aura pas vécue. Il se peut d’ailleurs que cette étape soit encore lointaine : la République !

Daniel Simon