Adeline Lee : Les Français de Mauthausen

Avant la parution (avril 2021) du livre d’ Adeline Lee, Les Français de Mauthausen 

La soutenance de la thèse d’Adeline Lee eut lieu à Caen, en décembre 2014.
Le jury était composé de :
– Jean Quellien, directeur du Centre de recherche en histoire quantitative, directeur de la thèse ;
– Olivier Lévy-Dumoulin, président du jury ; historien-chercheur à l’université de Caen et fils de Jean-Claude Dumoulin, déporté à Mauthausen, mle 62 357, auteur du remarquable récit, Du côté des vainqueurs (1999) ;
– Claire Andrieu, historienne, professeure à l’Institut d’Études politiques de Paris. Fille d’André et Anise Postel-Vinay ;
– Peter Kuon, philologue, professeur à l’université de Salzbourg, auteur d’une étude novatrice des récits publiés par les déportés français à Mauthausen, L’écriture des revenants (2014).

Le titre de docteur en histoire a été décerné à Adeline Lee, avec mention « très bien » et les félicitations du jury.
Adeline Lee, au long de ses années de recherche, a effectué son travail en toute souveraineté : Jean Quellien souligne qu’elle n’a bénéficié d’aucune allocation de recherche ; l’Amicale, informée dès 2005, a ouvert évidemment toutes ses archives à la chercheuse, mais n’est en rien intervenue, y compris financièrement. A l’issue de la soutenance, tant auprès de Jean Quellien que de la chercheuse, l’Amicale a exprimé sa volonté d’une publication.

Les années entre soutenance et publication

  • Au terme d’un travail de recherche ayant occupé de dix ans de vie, un temps de latence est fréquent. Celui-ci fut-il plus long que de coutume ? Nous portons en tout cas le vif regret de que, parmi les hommes et les femmes dont le livre analyse de façon approfondie le parcours, un certain nombre sont décédés durant ces quelques années d’attente.
    L’Amicale a démarché auprès des éditeurs et finalement signé un contrat d’aide à la publication, par lequel elle apporte une contribution financière très significative.
    Une thèse de 1 400 pages ne peut être publiée telle quelle : les éditeurs demandent une réduction du texte au volume d’un (gros) livre et une adaptation à un lectorat élargi très au-delà des cercles de spécialistes.
    Il fallait aussi transformer, pour l’édition, la présentation de nombreuses analyses statistiques, afin en particulier de les rendre lisibles en noir. Une équipe très restreinte s’est attachée à soutenir l’autrice dans ces diverses tâches, sans confusion des rôles.
  • Ne masquons pas le fait que, pour l’historienne, la transformation du texte originel fut une épreuve, peut-être moins technique qu’existentielle. Faut-il aller jusqu’à dire que le livre qui paraît était notre attente plus que celle de l’autrice ? Thomas Fontaine souligne la réalité d’une « génération sacrifiée », celle des jeunes historiens aux travaux novateurs qui ont vu filer les années sans espoir de perspectives de carrière à la hauteur de leurs qualifications et de leur créativité.

En février, nous indiquerons pourquoi et comment Adeline Lee a cadré ses recherches sur le groupe des Français : un choix historiographique et une méthode.