20 novembre, Assemblée générale de l’Amicale

De 14 heures à 17 heures, Assemblée générale de notre Amicale à la mairie du XXe, Paris
Transmission, passage de témoin(s) : affaire de mots

Affaire de mots

Transmission : c’est le mot-fétiche de l’activité de mémoire des camps, en peine de validations ; c’est aussi un mot-hantise, gage d’une fidélité que le pesant « devoir de mémoire » colporte parfois comme une injonction remontant aux promesses que se sont faites les déportés à la pensée des camarades morts au camp ; enfin, c’est le mot-clé, quasi-synonyme de mémoire, un état mental tout entier constitué au présent, cristallisation en actes qui n’écrit pas plus l’avenir qu’elle n’a pouvoir sur le passé, sans rapport organique (mais de référence) avec le temps historique, indifférent, lui, aux affects, s’éloignant de nous tel un écoulement imperturbable. En bref, la transmission de la mémoire des camps est un défi, une gageure, dont les acteurs expérimentent les illusions, les difficultés, les acquis toujours précaires. La chaîne des relais est consubstantielle à notre activité.

Y a-t-il urgence aujourd’hui à brandir la question du « passage de témoin(s) » ? Peut-être en effet, mais non pas, comme l’entend l’insolite formulation d’un appel à contributions lancé par la FMD, du fait de la disparition inéluctablement proche des derniers libérés des camps, il y a plus de 76 ans. La présence parmi nous de quelques-uns est une réalité affectivement précieuse, mais l’époque où s’est accomplie leur mission de « témoin » est derrière nous : ce qu’ils ont dit, écrit, signifié appartient à notre répertoire d’outils, sollicité pour faire parler les traces, sur les sites des camps, ou maintenir actives, indispensables en notre temps déboussolé, les certitudes humanistes qu’ils nous ont léguées. Dans notre Amicale, le transfert de responsabilités s’est effectué en 2000, lorsque les déportés choisirent de passer les rênes à des militants de la génération suivante. C’est à cette deuxième génération aujourd’hui que la question d’un passage de témoin est posée.

extrait de l’éditorial de Daniel SIMON, président de l’Amicale,
in bulletin n° 366 – octobre 2021

Et le matin, rendez-vous avec l’Interamicale :
9h15 au Père-Lachaise (rue des Rondeaux) pour une cérémonie devant les monuments des différents camps,
10h30 à la mairie du XXe arrondissement : l’avenir des associations de mémoire des camps : enjeux communs, perspectives diverses ?