Le 5 mai 2023, pour le 78e anniversaire de la libération du camp central de Mauthausen, 25 membres de l’Amicale se retrouvaient sous l’Arc de Triomphe pour ranimer la flamme sur la tombe du Soldat inconnu.
Au même moment, 25 autres, accompagnés par 25 lycéens d’Évreux et de Darmstadt et leurs professeurs, se retrouvaient en Autriche pour les commémorations internationales sur les sites St Valentin, Ebensee, Gusen, Mauthausen, Melk et Steyr.
L’Amicale est mobilisée pour assumer ses devoirs envers les morts, pour comprendre et transmettre la mémoire du crime nazi et des souffrances qu’il causa, des solidarités et du message qui lui répondirent, pour partager cet héritage avec les autres délégations venues d’Europe et avec les militants autrichiens, gardiens des lieux, « cimetières sans tombeaux ».
► Ebensee, 6 mai





► Gusen, 6 mai



► Hartheim, 7 mai



► Mauthausen, 7 mai



« […] Le retour en France des rescapés fut certes un événement, mais circonscrit. Il se fit dans un pays libéré, lui, depuis quatre à dix mois selon les régions, déjà entraîné dans l’aventure de la reconstruction, et tourné vers un avenir à portée de main qu’on appela rétrospectivement les Trente Glorieuses. Pour les Espagnols installés en France, en deuil de leurs camarades morts au camp, de leur nationalité, et de leur patrie abandonnée par les puissances Alliées à la version locale du fascisme, ce furent plutôt trente années désastreuses et notre Amicale leur fut longtemps un havre de solidarité.
Cette solidarité entre peuples n’eut rien de spontané, a fortiori dans les conditions de violence permanente des relations au camp. Elle fut le fruit d’une patiente et sans doute inachevée reconstruction des liens distendus ou brisés par la guerre ; les soupçons ou les accusations de trahison, mais aussi tout simplement les différences de situations, de points de vue, d’intérêts pouvaient expliquer une méfiance généralisée. De ce fait, nous le savons, la mémoire même (devrais-je dire la culture ?) de l’expérience concentrationnaire n’est pas la même d’un pays à l’autre. Pour les rédacteurs du Serment de Mauthausen du 16 mai 1945, la solidarité internationale n’était donc pas un acquis définitif des épreuves qu’ils avaient subies, mais une aspiration à laquelle ils avaient travaillé dans les pires conditions qui soient, et à laquelle leur expérience commune pourrait fournir une base solide, pour autant que leurs mémoires et leurs consciences respectives demeureraient en dialogue.
Ainsi, l’Europe aurait sans doute besoin d’une mémoire plus largement partagée des crimes perpétrés et des souffrances endurées ici, pour peser davantage et plus raisonnablement sur les consciences d’aujourd’hui. […] »
Extrait du discours de l’Amicale française prononcé par Claude Simon, président de l’Amicale, lors de la cérémonie franco-espagnole le 7 mai 2023 à Mauthausen,
en présence de :
– Gilles Pécout, ambassadeur de France,
– Fernando Martinez, secrétaire d’État espagnol de la mémoire démocratique,
– l’ambassadrice d’Espagne,
– l’ambassadeur d’Italie,
– Guy Dockendorf, président du CIM
et Juan Calvo, président de l’Amical de Mauthausen y otros campos y de todas la victimas del nazismo.

► Melk, 8 mai




(empilement de triangles portant chacun le nom d’un camp du réseau de Mauthausen)
► Steyr, 8 mai

