Les républicains espagnols dans le camp de concentration nazi de Mauthausen – le devoir collectif de survivre

| Véronique OLIVARES / Pierre SALOU |

Grâce aux archives de la FEDIP et à l’entêtement de la fille et du petit-fils d’un républicain espagnol, nous lisons dans ces pages l’histoire et la genèse de leur combat. 
La FEDIP, dès 1945, édita, œuvra pour la mémoire des déportés espagnols, survivants de Mauthausen, Gusen et leurs Kommandos
Ces triangles bleus avec la lettre « S » qui, ultime insulte et humiliation des nazis, seront considérés et catalogués apatrides, retrouvent par ces pages leur sol. 
Car seuls ces premiers furent considérés Espagnols dans leur déportation, les autres femmes ou hommes pris en France et en Résistance seront déportés majoritairement comme Français et politique. 
Comme écrira le préfacier : « Comme un drapeau rouge, jaune, violet, nous lisons dans ces pages l’histoire d’un peuple exclu et spolié de sa mère-patrie, mais qui se bat, et qui lutte, et qui combat non seulement pour recouvrer sa liberté mais surtout pour abattre le nazisme et son joug putréfiant nos républiques et notre état de petits de l’homme. » 
Nous trouvons en ces pages pour notre mémoire et la vérité l’ampleur du drame vécu par ces républicains espagnols. 
Cet appel à se souvenir est pour eux une façon de rester vigilant et d’éviter que la bête immonde au ventre fécond ne se relève. « Le devoir collectif de survivre, m’a enivré, saoulé par sa grandeur, sa douleur et m’a blessé par l’oubli qui lui était insupportablement réservé. Ce texte m’a immédiatement interpellé. J’ai senti intuitivement, ou de cette perception érodée par les années de labeur sinon acérée par ma quête sur les “oubliés” de l’histoire, sa force de sens. » 
Ce livre est le « non » à l’aliénation, un veilleur vigilant sur l’avenir, un acte de solidarité. Je reprends à mon compte ces mots de Cervantés « Tu ferais mieux de l’appeler enfer, et encore pis s’il y a chose qui soit pire au monde. » Et je vous les offre comme déjà ce chant qui sera à toujours la tache innommable de notre vingtième siècle mais aussi notre honneur de par l’humanité et le refus d’une quelconque aliénation de ces républicains espagnols.

Préface de Michel Reynaud

Véronique Olivares, née à Paris en 1953, est fille de républicain espagnol. Dès son enfance, elle assiste aux actions de solidarité envers ceux qui sont restés en Espagne et sont victimes de Franco. Elle travaille sur ces républicains qui n’acceptèrent jamais d’être considérés comme des victimes, mais comme de farouches et héroïques combattants. Elle a écrit de nombreux livres sur cette période et une spécialiste de cette histoire espagnole que nous ne pouvons point ignorer.
Pierre Salou est né en 1982 : son grand-père anarchiste fut combattant dans la célèbre colonne Durruti.

éditions Tirésias | coll. Ces oubliés de l’hsitoire, Paris, 2009
492 p., bilingue français / espagnol, broché | disponible : 36,00 €