Quatre résistants déportés honorés par Le Hôme-Varaville

À Varaville, le 21 août 2021 © Martine Jolles

Les noms de quatre résistants déportés honorés par Le Hôme-Varaville (agglomération de Cabourg, Calvados).
Parmi eux, Victor (Jo) Laveille et Paul Marion, déportés à Mauthausen.

L’initiative de la municipalité a pris sa pleine dimension grâce à l’implication exigeante de notre amie Janine Laveille. La Ville lui ayant fait part de son projet d’inaugurer un espace au nom de Victor (Jo) Laveille, la veuve de celui-ci informa la municipalité qu’ils avaient été quatre habitants de la commune, arrêtés sur dénonciation, début 1944, en Dordogne ou en Normandie.

Une belle cérémonie a rassemblé samedi 21 août une petite centaine de personnes, élus, associations de mémoire (dont notre Amicale, représentée par son président et Jean-Louis Vernizo, qui portait notre drapeau), autour des familles de :

  • Victor (Jo) Laveille (mort en 2002) et Paul Marion (mort en 2004) déportés à Mauthausen, par le convoi du 6 avril 1944,
  • Renée Tisselli, fille d’antifascistes italiens exilés en France, déportée à Ravensbrück, qui épousa un soldat de l’armée britannique, décédée en 2020,
  • Albert Marion, frère aîné de Paul, arrêté à Dives-sur-Mer, déporté à Neuengamme puis transféré à Sachsenhausen et affecté à Falkensee.

Trois-quarts de siècle plus tard, il est hautement significatif d’inscrire dans l’espace public les noms des combattants de l’ombre, et plus encore des obscurs, qui subirent les camps de la SS et – le fait doit aussi être mentionné – y survécurent tous les quatre. Le square et l’allée dites « du grand large » portent désormais les noms de Victor Laveille et Renée Tisselli. L’allée qui le longe ceux des frères Paul et Albert Marion. Ce n’est certes pas faire ombrage au grand large. Affirmant la dimension « métahistorique » de la Résistance, « peu sujette à l’usure du temps », le philosophe François Azouvi, dans un livre récent, souligne (avec Camus) que « le calme qui régnait alors dans ce qu’on appelle les quartiers riches de Paris était à la fois celui de l’ignorance et de l’indifférence », puis détourne une réflexion de Péguy pour assurer que « “ plus cette affaire est finie, plus il est évident qu’elle ne finira jamais. Plus elle est finie, plus elle prouve” […]. Si elle est vivante dans notre mémoire nationale, c’est parce qu’elle fut une expérience d’un tout autre ordre que celui des guerres ordinaires. »

Dans son allocution, Janine Laveille a fait preuve une fois de plus de l’énergie qui la saisit à l’évocation de Mauthausen et Ebensee, au souvenir de « Jo » et de ses camarades, fière de souligner que « les SS ne les ont pas détruits ».