Menace de mort sur un thème typiquement nazi, l’agression subie, début avril, sur internet, par le député Sébastien Peytavie appelle une réaction frontale et massive, à laquelle l’Amicale de Mauthausen entend apporter sa contribution.
En effet, la menace explicite, par un blogueur néo-nazi notoire, d’une réplique de l’opération « T4 » à l’encontre de cet homme en situation de handicap renvoie à l’un des pires crimes du nazisme que notre association est amenée à connaître : l’élimination, sous couvert d’« euthanasie », de dizaines de milliers de personnes considérées par le régime hitlérien comme « indignes de vivre », en raison de leurs handicaps réels ou supposés (nom de code : T4 ).
Quand Hitler préféra arrêter T4, dont le secret mal gardé commençait à troubler la société du Reich, des détenus de Mauthausen, Ravensbrück et Dachau eurent le même destin, dans ce même château (nom de code: 14f13 ). Environ 6800 déportés à bout de forces (dont 400 Français), transférés de Mauthausen, ont été gazés à Hartheim, dans les mêmes installations, avec les mêmes méthodes, par les mêmes techniciens de la mort : « médecins », « infirmiers », chauffeurs de bus et brûleurs de cadavres. Et plusieurs hauts responsables de ces crimes (Stangl, Wirth,…) poursuivirent leur carrière dans les centres de mise à mort de Pologne, pour d’autres assassinats de masse à plus grande échelle. Du château de Hartheim, le Land de Haute Autriche a fait aujourd’hui un mémorial sobre et glaçant
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Cette capacité que le nazisme s’est donnée de techniciser, d’industrialiser et d’accélérer la mise à mort de populations supposées « gênantes », « coûteuses » ou « dangereuses » n’a pas fini d’interroger nos civilisations. Mais le vrai débat auquel celles-ci sont sans échappatoire confrontées consiste désormais à décider sans tarder : quelle humanité voulons-nous être ? Le choix qui est devant nous est bien : la solidarité universelle de tous les êtres humains ou la dictature d’une élite, auto-proclamée selon des critères ineptes, sur une plèbe asservie et aisément exterminable.
L’histoire du nazisme nous apprend aussi que la petite phrase du pamphlétaire peut être le premier pas d’un destin de tortionnaire susceptible de devenir génocidaire. Faisons face.
L’Amicale de Mauthausen apporte tout son soutien à Monsieur Sébastien Peytavie.
Pour l’Amicale de Mauthausen, le président Claude SIMON
Ressources :
- Quand le programme nazi « T4 » lançait l’euthanasie des handicapés dans un château – The Times of Israël – Matt Lebovic
- Programme d’euthanasie et aktion T4 – ushmm
