Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation

La Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation  chaque année le dernier dimanche d’avril : cette date a été retenue en raison de sa proximité avec la date anniversaire de la libération de la plupart des camps.

En 2021, elle doit avoir lieu le dimanche 25 avril.

Toutefois, en raison de la situation sanitaire et des mesures de confinement, il paraît impossible que des cérémonies publiques aient lieu.

Nos rendez-vous commémoratifs de mai…

… ce qui est impossible et ce qui est envisagé
sous réserves de l’évolution de la situation sanitaire et de ses conséquences.

Autriche, 76ème anniversaire de la libération

Nous ne pourrons être en Autriche pour commémorer le 76ème anniversaire de la libération de Mauthausen.

  • Les conditions sanitaires rendent impossible le voyage et le séjour. Des cérémonies se tiendront, autour du dimanche 16 mai, hors la présence de délégations étrangères. Les ambassades des pays directement impliqués dans la mémoire du camp seront représentées.
  • Des vidéos et contributions verbales aux cérémonies organisées sur divers sites du camp et auxquelles l’Amicale de Mauthausen participe chaque année auront peut-être lieu, pour lesquelles le MKÖ (Mauthausen Komitee Österreich) et le Comité international de Mauthausen sont en train de prévoir des contributions. L’Amicale française travaille à s’y associer.

À Paris, le 5 mai :

  • l’Amicale de Mauthausen ravive la Flamme sous l’Arc de Triomphe :
    nous convions tous ceux qui le pourront (dans la mesure où une cérémonie publique sera possible à cette date) à honorer cette cérémonie, à laquelle nous souhaitons conférer une solennité particulière, l’accès au camp de Mauthausen étant impossible à cette date.
  • Dans le même esprit, nous proposons de nous retrouver nombreux le 5 mai à 14 heures devant le monument de Mauthausen, au cimetière du Père-Lachaise.

La confirmation ou l’infirmation – en fonction de l’évolution de la situation sanitaire – de ces deux rendez-vous sera précisée sur ce site dans les jours qui les précèdent.

Adeline Lee, Les Français de Mauthausen

Adeline Lee, Les Français de Mauthausen – Par-delà la foule de leurs noms
Tallandier, Paris, 2021, 736 pages, cahier couleur, préface de Thomas Fontaine, postface de Daniel Simon.

Le livre sera disponible à l’Amicale avant la fin avril.

Vous pouvez passer commande – prix de 32 € – auprès du secrétariat de l’Amicale.

Un sujet de la télévision russe sur Anna Hackl

La chaîne de télévision russe ZVEZDA a diffusé un sujet sur Anna Hackl née Langthaler, dont les parents cachèrent et sauvèrent deux fugitifs parmi les 500 Soviétiques qui s’étaient évadés du Block 20 de Mauthausen, la nuit du 1er au 2 février 1945.

Postée le 5 avril sur Facebook par Alexey Konopatchenkov avec le texte suivant :

Вчерашний эфир телеканала ЗВЕЗДА о побеге из 20 блока Маутхаузена и семье Лангтайлер
[Hier, la chaîne de télévision ZVEZDA (STAR) a diffusé sur l’évasion du Block 20 de Mauthausen et de la famille Langthaler]

► cette vidéo n’est malheureusement plus disponible au moment où nous mettons en ligne,
étant devenue « privée » depuis…

Des résistants à Mauthausen, un documentaire de Marc Dacosse

Ce documentaire de 75 mn réalisé en 2021 par Marc Dacosse sera diffusé samedi 10 avril à 21 heures sur la chaîne de télévision belge RTBF/ LA TROIS.

présentation du documentaire par LA TROIS :
« Moins connu qu’Auschwitz, Buchenwald au Dachau, le camp de concentration de Mauthausen, en Autriche, a été l’un des plus durs du Troisième Reich. Autrichiens, Allemands, Polonais, Russes, Français et Espagnols y ont été tués au travail dans des carrières de pierre, exécutés ou encore assassinés dans la chambre à gaz du camp. Dans cet enfer, un service spécial, le « Erkennungsdienst » avait la responsabilité de prendre des photographies du quotidien pour écrire « l’histoire glorieuse » du Troisième Reich. Ces dernières étaient prises dans tous les camps du IIIeme Reich. Mais, la plupart d’entre elles ont été détruites à partir de 1944, lorsque la défaite nazie s’annonçait. C’est qu’elles constituaient des preuves des crimes commis. A Mauthausen, certaines ont échappé à la destruction. Après la guerre, des déportés ont présenté au monde des photographies montrant l’indicible, montrant les crimes contre l’humanité. Ces preuves ont survécu à la guerre grâce au seul courage de quelques hommes. »

Le mot du webmestre

Novembre 2001, novembre 2010…
mars 2021 :
le site Internet de l’Amicale de Mauthausen revêt son troisième habit !

Depuis plusieurs mois, nous sommes quelques bénévoles de l’Amicale à travailler à sa restructuration. 

Comme en 2010, outre une nouvelle architecture que nous avons souhaitée plus lisible et conviviale, nous avons avec la plus grande rigueur repensé, actualisé et enrichi les contenus.

La société ARTABAN – spécialisée dans la création et le développement de sites web et avec laquelle nous collaborons régulièrement – nous a accompagnés dans la mise en œuvre notre projet en l’ajustant grâce à son expérience. 

Nous avons également changé de système de gestion de contenu du site : de ce fait, vous constaterez sans doute quelques imperfections que vous voudrez bien nous pardonner, le temps que nous y remédiions. 

N’hésitez toutefois pas à nous faire part de vos remarques (webmestre@campmauthausen.org).

Cette réactualisation était nécessaire à plus d’un titre, la dernière version du site datant de novembre 2010 : 

  • en premier lieu, pour des raisons technologiques : l’informatique évolue plus que rapidement – 10 ans présentent un risque d’obsolescence – et les outils que nous utilisons aujourd’hui ont, eux aussi, changé ;
  • les nombreux travaux scientifiques et historiques et recherches qui continuent aujourd’hui encore ont enrichi notre connaissance de cette sombre période de notre histoire au-delà des témoignages, questionnements et réflexions de celles et ceux qui l’ont vécue et y ont survécu ;
  • enfin, à titre personnel, sur un plan mémoriel : 
    • je suis webmestre bénévole depuis 2010, membre du conseil d’administration et du bureau de l’Amicale depuis 2012 et 2013 ; je suis un « ami » – depuis mars 1999, peuvent être membres de l’Amicale des personnes extérieures aux déportés et leurs familles – : mon histoire familiale n’a pas été directement touchée par la déportation à Mauthausen, ni d’ailleurs dans un autre camp ; autant dire que je n’avais aucune connaissance sur ce vaste et douloureux sujet ;
    • c’est donc au travers de ces quelque dix ans d’amitié que j’ai appris, appris à comprendre, appris à comprendre qu’on ne pouvait oublier ; au-delà de cette mémoire, je suis convaincu qu’en ces périodes complexes que nous connaissons depuis plusieurs années, tant sur un plan politique que, plus récemment, sur un plan sanitaire, cette mémoire est de nouveau une actualité et qu’il est plus que jamais nécessaire de la poursuivre et faire vivre ; dans la doublement douloureuse situation que nous connaissons, reléguer trop longtemps au second plan – voire indéfiniment derrière des préoccupations souvent légitimes – ce qui a « cessé » il y a 75 ans risquerait de le faire disparaître à jamais de notre mémoire sauf à le reproduire dans notre vie.

Prenez soin de vous et des autres et…

… Bonne navigation !

Pierre Fréteaud

25 février 2021, commémoration au monument français, Mauthausen Memorial

À leur initiative et afin de pallier l’absence de l’Amicale en Autriche en 2020 en raison de la situation sanitaire, nos amis du ministère de l’Intérieur autrichien – Stephan Matyus et Ute Bauer-Wassmann – sont venus au monument français de Mauthausen le 25 février et y ont déposé une gerbe.

« L’essentiel d’une bougie n’est pas la cire qui laisse sa marque mais la lumière »
Antoine de Saint-Exupéry

vidéo : Stephan Matyus (en allemand) et Ute Bauer-Wassmann (en français)
montage : Christoph Wassmann

« En mai et octobre 2020, deux évènements n’ont pu avoir lieu en raison de la pandémie mondiale de Covid, annulés et non remplacés. […] L’idée que les monuments sur les sites des anciens camps annexes resteraient vides et déserts ne nous a pas plu. En plus, nous manquaient les rencontres avec les participants dont beaucoup étaient déjà devenus des amis. » […]
« Mauthausen était un camp international, la mémoire des victimes est donc aussi internationale. La présence de l’Amicale ici deux fois par an l’a montré clairement à nous aussi, les Autrichiens. »
« Nous souvenir des morts et garder leur appel vivant ! »
« Même si en ce moment les mesures contre la pandémie de Covid et le souci de la santé des gens sont les plus visibles, l’actualité du rappel de Mauthausen est évidente au double sens : rester vigilants et solidaires. Après tout, c’était la solidarité entre les hommes qui a permis de survivre à un moment difficile et d’oser résister.
Nous n’oublions pas : plus jamais la guerre, plus jamais le fascisme ! 
»
Stephan Matyus | Ute Bauer-Wassmann

Ute Bauer-Wassmann a ensuite lu le message adressé par Daniel Simon, à l’occasion de cette commémoration singulière et inédite :

Nous sommes honorés que des amis autrichiens aient proposé d’être la voix de l’Amicale devant le monument français en ce début 2021. Mesurons la portée de ce geste. Ute et Stephan, vous êtes venus de Vienne à Mauthausen pour pallier l’anomalie de notre absence tout au long de l’année 2020. Ceci atteste la qualité de nos relations, la confiance réciproque entre nous. Depuis sept décennies, le monument français est un lieu de rendez-vous. Il le fut pour les déportés rescapés, pour les mères, les veuves, les enfants de disparus, puis, de plus en plus, bien au-delà heureusement, les cercles familiaux. Cette énergie partagée construit la mémoire du crime de masse qui s’est accompli à Mauthausen. Nos pensées, depuis 75 ans, se tournent d’abord vers les morts : aujourd’hui, ils le sont presque tous. Depuis longtemps déjà, les morts au camp et ceux qui en réchappèrent sont égaux dans notre souvenir. Mais les voyages qui nous conduisent ici, les gestes que nous effectuons sont des activités des vivants. Le partage, en ce point de rencontre, avec des amis de partout et de toutes les générations, va au-delà de l’hommage aux morts. Trop souvent encore, il peut sembler que les autorités autrichiennes ne savent voir à Mauthausen que les survivants, certes pour les honorer mais aussi pour ne pas considérer les générations suivantes. La légitimité de leur présence, de leurs exigences, de ces rendez-vous dont la nécessité et la force ne s’amenuisent pas, les leçons des logiques barbares dont Mauthausen fut le théâtre, il nous appartient aujourd’hui de les faire entendre. Dans cette tâche, la fraternité avec les amis autrichiens revêt une importance particulière. Dès que ça sera possible, nous nous retrouverons nombreux devant ce monument et vous serez à nos côtés, chers amis Ute et Stephan.

Adeline Lee, Les Français de Mauthausen

Dans son introduction, l’historienne justifie le cadrage de sa recherche de doctorat sur le camp de Mauthausen : Pourquoi Mauthausen ? L’ouverture en août 1938, en Autriche, juste après l’Anschluβ de ce qui allait prendre l’aspect d’une forteresse granitique – seule de ce type dans la géographie des camps – sur la rive gauche du Danube, à une vingtaine de kilomètres en aval de Linz, marque la première étape du réseau concentrationnaire nazi dans les territoires annexés par le Reich allemand. Il s’agit indubitablement d’une circonstance historique importante – elle instaure du même coup la prédation internationale du système concentrationnaire nazi, ce dernier devenant immédiatement un outil majeur de la répression exercée au sein des peuples conquis. Mais l’événement a constitué, dans la démarche dont rend compte ce livre, une coïncidence à forte valeur symbolique, pas davantage.

Le choix de Mauthausen dans mes recherches a été déterminé par la place particulière que ce camp occupe dans le système concentrationnaire nazi. La classification des camps, élaborée par Heydrich dans un texte du 2 janvier 1941, en fait le seul KL destiné à recevoir des détenus placés dans la catégorie III, et par là même une pièce maîtresse du système répressif nazi. L’évaluation du degré de dangerosité des détenus pour l’état allemand aboutissait à leur classement dans l’une des trois catégories de Schutzhaft (détention de protection), permettant l’internement en KL sans jugement préalable. Les Schutzhäftlinge III, considérés comme « non rééducables » aux yeux des nazis, devaient être envoyés vers le seul camp de cette catégorie, Mauthausen. Si les témoins, qu’ils aient été ou non déportés à Mauthausen en raison de son statut de camp III, font état de cet aspect essentiel, les historiens mentionnent également ce statut particulier, s’empressant généralement d’ajouter que cette classification n’eut pas d’application concrète, s’appuyant sur une « réalité concentrationnaire » dont il n’est pourtant nullement question dans le décret Heydrich. Cette lecture à rebours occulte l’aspect fondamental du texte, qui mentionne que la classification se fait non en fonction des conditions de détention au sein du KL auquel on destine le détenu mais en fonction de sa « personnalité », et l’étude des processus de déportation depuis la France occupée vers Mauthausen que nous allons mener vient d’ailleurs contredire l’idée d’un décret resté lettre morte. Cet aspect – mais ce n’est pas le seul – met en exergue l’intérêt d’associer l’étude des politiques répressives, des processus de déportation et des parcours concentrationnaires. La classification des KL, pour essentielle qu’elle soit, ne constitue pas pour autant le cadre en vertu duquel la majorité des Français sont envoyés vers le camp autrichien.

Aux côtés de la fonction politico-pénale des camps, constituant la vision dominante au sein du RSHA, et en premier lieu de son chef Reinhard Heydrich, la perception des KL comme un vivier de main-d’œuvre corvéable à merci qui était celle du SS-Gruppenführer Oswald Pohl, chef du SS-WVHA, ne cessa d’étendre son emprise au sein de la Reichsleitung-SS à mesure de l’enlisement des troupes de la Wehrmacht sur le front russe. Si cette deuxième fonction explique pourquoi d’autres que des détenus considérés comme particulièrement dangereux furent dirigés vers Mauthausen, ce fait ne doit pas pour autant occulter la première fonction de camp de catégorie III qui, bien que ne constituant pas le facteur explicatif de l’entrée de la majorité des détenus, n’en demeure pas moins significativement présente jusque dans les derniers mois de la guerre.

À cette spécificité de Mauthausen, à son rôle en particulier dans l’économie de guerre du Reich, étudié par Michel Fabréguet, s’ajoute une troisième caractéristique, géographique cette fois, qui en fait un lieu privilégié pour l’évacuation de détenus durant les derniers mois de la guerre. Sa localisation, qui le place un temps hors de portée des bombardements ennemis et en fait le camp le plus éloigné des fronts, explique le choix d’y évacuer nombre de détenus, essentiellement en 1945.

Ce sont ces trois caractéristiques, lesquelles s’interpénètrent fréquemment, qui font de Mauthausen un camp à part au sein du système et justifient le choix d’en faire un objet d’étude.

2015 : un « festival de la Joie »

En 2015, à l’initiative du MKÖ,
un « festival de la Joie », de Mauthausen à la Heldenplatz

Le film dure 30 mn, il est en allemand, mais les habitués des cérémonies à Mauthausen retrouveront images et visages connus.