Claude Garcia sur les pas de son père, Antonio.

Dans la nuit autrichienne, face au camp de Mauthausen, Claude Garcia revient sur les pas de son père, déporté ici dans les années 1940. « Ce portail, c’est le symbole même de l’horreur », a-t-il expliqué. Antonio Garcia, matricule S4665, a réussi l’impossible, avec d’autres déportés espagnols : voler des preuves qui serviront à confondre les criminels nazis. En avril 1941, il est déporté dans le camp de concentration de Mauthausen, c’est un des 7 000 républicains espagnols réfugiés en France livrés aux nazis par le régime de Vichy.

Des clichés volés

Parce qu’il est photographe, Antonio Garcia est affecté au laboratoire photo du camp, avec un de ses compatriotes. Entre leurs mains passent des clichés pris par le photographe du camp de concentration, l’un des plus durs du IIIe Reich. Très vite, ils arrivent à soustraire un tirage : un bout de pellicule. « Le but était qu’un jour, ils puissent témoigner parce qu’ils voulaient que les bourreaux puissent être punis », a raconté Claude Garcia. L’enfer quotidien a été soigneusement documenté par les SS. C’est alors toute une organisation clandestine qui est mise en place pour cacher les photos volées. Et au moment de l’avancée des troupes soviétiques et américaines, les Nazis n’ont pas pu détruire toutes les preuves. Elles serviront à faire condamner plusieurs dignitaires nazis durant le procès de Nuremberg en 1946. 

Franceinfo – A-C. Roth, J-M. Lequertier, J. Weil – 27/01/2025

Source : franceinfo – Camp de Mauthausen : la résistance en images