ARRÊTEZ !

ARRÊTEZ IMMÉDIATEMENT CETTE GUERRE !

Ce qui suit – que vous pouvez retrouver ci-dessous à télécharger – est le communiqué de l’Amicale par rapport à la crise internationale que nous – l’Ukraine en premier – connaissons depuis quelques jours :

Le 16 mai 1945, lors de la cérémonie marquant le retour vers leur pays des déportés soviétiques, un Serment fut proclamé en 12 langues. Il constitue un engagement durable en faveur de la paix dans le monde et la solidarité internationale. Ce jour-là, les déportés jurent d’édifier un monde juste et libre « en souvenir de tout le sang répandu par tous les peuples, en souvenir des millions de nos frères assassinés par le fascisme nazi. »
Parmi les survivants soviétiques, quittant en longues colonnes les lieux où ils avaient affronté la mort pendant des années, les plus nombreux étaient Russes et Ukrainiens. Ils avaient alors l’espoir commun de devenir les témoins et les acteurs d’un monde nouveau, considérant « cette liberté reconquise comme un bien commun à tous les peuples ».
Russes et Ukrainiens avaient été enregistrés par les nazis sous la même catégorie de détenus, ils avaient dû faire face aux mêmes privations, aux mêmes humiliations et aux mêmes situations mettant à tout instant leur vie en danger. Ils n’avaient pu compter que sur la solidarité entre déportés pour survivre. Tous se sentaient engagés dans la lutte commune contre l’agresseur nazi, en tant que citoyens de l’Union soviétique. De nouveaux États ont vu le jour, l’histoire commune et les liens humains ne s’arrêtent pas aux frontières nationales.
Porteurs de la mémoire des victimes du camp de Mauthausen, les signataires de ce texte
dénoncent l’utilisation des mots dénazification et génocide pour justifier l’attaque contre l’Ukraine. Nous sommes légitimes à faire valoir le poids de tragédie qu’ils recouvrent. Nous ne pouvons accepter que ces mots soient ainsi galvaudés.
Le Serment de Mauthausen appelle à la coexistence pacifique entre tous les peuples. Nous condamnons la guerre menée contre l’Ukraine qui met en danger l’existence même de ce pays et la paix en Europe. Cette attaque militaire constitue une violation manifeste du droit international.
Nous sommes convaincus que tout conflit politique peut être résolu à la table des négociations si les deux parties font preuve de bonne volonté et de respect mutuel pour leurs souverainetés respectives.
Nous lançons donc un appel dans l’esprit du Serment de Mauthausen :


ARRÊTEZ IMMÉDIATEMENT CETTE GUERRE !


Premiers signataires, membres du Conseil d’administration de l’Amicale, au lundi 28 février 2022

Marion Bénech
Louis Buton
Danielle Carayon-Viger
Claude Dutems
Valérie Frélaut
Pierre Fréteaud
Rosette Gouffault-Rigon
Yves-Noël Hacq
Gérard Hernan
Chantal Lafaurie
Patrice Lafaurie
Laurent Laidet
Janine Laveille
Yvonne Le Brun Busquet
Jacques Lecoutre
Sylvie Ledizet
Michèle Madère
Guillaume Maisse
Madeleine Mathieu
Laurent Meyer
Bernard Obermosser
Nicolas Piquée-Audrain
Ludovic Piron
Danyèle Régerat
Agnès Rétif
Nathalie Robin
Michelle Rousseau-Rambaud
Jean-Louis Roussel
Pierre Saez
Pierrette Saez
Frédéric Schott
Claude Simon
Daniel Simon
Marie-Jeanne Simon Goacolou
Rosita Sterquel
Martine Tomas Espejo
Caroline Ulmann
Jean-Louis Vernizo Mateo
Marianne Vinurel
Patrick Weydert
Jean-Marie Winkler

Télécharger l’appel de l’Amicale :

et, pour rappel (INSTANT d’ARCHIVES et d’ACTUALITÉ),
le Serment de Mauthausen

APRÈS L’APPEL DE NOTRE AMICALE, L’APPEL DES COMITÉS INTERNATIONAUX…

Des comités internationaux représentant d’anciens déportés en camps de concentration nazis dénoncent l’utilisation des mots « dénazification » et « génocide » pour justifier l’offensive russe en Ukraine.

Mots repris et dénoncés par le président Macron dans son allocution du 3 mars 2022 !

Un document à lire ou télécharger, après l’appel de l’Amicale de Mauthausen : l’Appel des représentants des comités nationaux et internationaux et la liste des signataires.

Deux exemples de relais dans les médias, parmi d’autres :
BFM TV
RTBF

Voyage sur les sites du Loibl Pass, 9-12 juin 2022

Date limite d’inscription : 31 mars 2022 (contact Amicale : +33 (0)1 43 26 54 51 ou mauthausen@orange.fr)

PROGRAMME :

Jeudi 9 :

  • Vol Orly / Ljubljana, Transavia
  • 10h55 Déjeuner à Ljubljana
  • Départ pour Ferlach (Autriche) où nous passerons les 3 nuits à l’hôtel Ratz.
  • Dîner

Vendredi 10 :

  • Départ pour Tržič (Slovénie) : nous descendrons la rue principale empruntée par la brigade Liberté en juin 1945 puis nous nous rendrons à la maison de la résistante Miči Mally, puis au cimetière
  • Déjeuner à Tržič
  • Visite de la prison et du mémorial de Begunje
  • Dîner chez Ratz

Samedi 11 :

  • Commémorations aux camps nord et sud
  • Déjeuner à l’auberge du Podljubelj
  • Retour sur les sites des camps, puis à Ferlach

Dimanche 12 :

  • Direction la gare de Rosenbach par la route 333 empruntée par les déportés le 8 mai 1945, puis l’auberge dans laquelle la brigade Liberté avait installé son QG
  • Déjeuner à Ljubljana
  • Visite de la ville en Kavalir (navette électrique)
  • Dîner
  • Vol Transavia à 21h25 vers Paris

  • Coût approximatif du voyage :
    • Vol A/R : 130 €
    • Repas : entre 15 et 20 €
    • Hôtel : 42 € /nuitée en chambre individuelle et 77 € en chambre double (petits déjeuners inclus)
    • Location de voiture et essence à prévoir (environ 40 €/p.)
    • Chacun réserve son vol (ne tardez pas !)
    • Paiement individuel sur place de l’hôtel et des repas

Disparition de Raphaël Esrail

Notre ami très cher, président de l’Union des déportés d’Auschwitz, est mort le 22 janvier 2022, à l’âge de 96 ans. Résistant déporté, il était l’un des derniers témoins de la Shoah. Vice-président du Comité international d’Auschwitz, il était commandeur de la Légion d’honneur.

« Acteur essentiel du recueil de la mémoire, de sa mise en valeur pédagogique et de sa transmission, il a inscrit la mémoire d’Auschwitz dans l’histoire. Son œuvre demeurera vivante » (communiqué de l’UDA). Il a témoigné en toutes circonstances une empathie bienveillante à l’égard de celles et ceux qu’il rencontra sur ce chemin, comme il fit preuve d’une fidélité indéfectible à ses compagnons dans la Résistance, à Montluc, Drancy, Auschwitz, dans les Kommandos de travail, dans les marches de la mort.

Né en Turquie en 1925, il arrive l’année suivante à Lyon avec ses parents, qui s’installent dans le quartier de la Croix-Rousse. Élève ingénieur à l’École centrale de Lyon, il mène une double vie, sous le nom de résistance de Raoul Paul Cabanel, né à Montauban. Il est actif aux Éclaireurs israélites de France, aide les juifs étrangers, se « spécialise » dans les faux papiers. Dénoncé, il est arrêté le 8 janvier 1944, interrogé par la Gestapo et les services de Barbie, identifié comme juif et interné à la prison Montluc devenue aujourd’hui un mémorial national. Expédié à Drancy, il y fait la connaissance de Liliane Badour, avec ses deux petits frères ; Ils sont dans le convoi n°67 du 3 février 1944 ; les enfants sont gazés à l’arrivée à Auschwitz, tandis que Liliane et Raphaël sont affectés à des Kommandos de travail. Raphaël reste onze mois au camp d’Auschwitz 1.

Survivant des marches de la mort, après l’évacuation d’Auschwitz vers Gross Rosen, puis Dachau, à pied ou en train, dans les « tombeaux roulants », il échoue à s’évader, mais il échappe à la pendaison, et envoyé au camp de Waldlager et finalement est sauvé lorsqu’il rencontre les troupes alliées le 25 avril.

De retour à Lyon, il reprend ses études, retrouve Liliane à Biarritz, survivante d’Auschwitz, qu’il épouse en 1948. Ils décident tous les deux de se taire. Raphaël entre à Gaz de France où il fait toute sa carrière.

Au début des années soixante-dix, avec l’émergence du négationnisme, il décide de s’engager à l’Amicale d’Auschwitz, dont il deviendra en 1996 le secrétaire général. En 2008, il est président de l’Union des déportés d’Auschwitz (UDA), qui va regrouper les différentes associations de la mémoire d’Auschwitz. Il est totalement engagé dans le recueil des témoignages des survivants de la Shoah, de leur transmission, avec le DVD Mémoires demain (2009) ; il tisse des liens essentiels avec les enseignants et l’Éducation nationale, organise des voyages à Auschwitz-Birkenau, qu’il conduit lui-même, plusieurs fois par an, avec des survivants.

Il s’était aussi engagé, au risque de ne pas être soutenu à la hauteur de ses espérances par tous les acteurs du monde de la déportation, à la création d’un site unique dédié aux deux déportations, de répression et d’extermination. Il se montre très accueillant à l’Union des associations de mémoire des camps nazis, encore informelle ces années-là : par la volonté appuyée de Raphaël, les amicales de camp ont pu apporter leur contribution et tissé des liens très forts avec lui. Le site Mémoires des déportations 1039-1945 est solennellement inauguré le 15 novembre 2017 à la mairie de Paris.

Raphaël Esrail, après avoir recueilli les récits de ses camarades survivants d’Auschwitz, a attendu 2017 pour publier son propre témoignage, L’espérance d’un baiser. Témoignage d’un des derniers survivants de la Shoah (Robert Laffont). « C’est à cette jeunesse désormais de reprendre le flambeau d’une mémoire dont elle est l’héritière, c’est en cette jeunesse éclairée que nous avons foi ». C’est un de ses derniers messages.

Raphaël Esrail a conclu le film Des traces et des gestes (Jean-Louis Roussel, Bernard Obermosser, 2018)

► Revoir la séquence de conclusion

Dernières nouvelles de Gusen

Sur le site du journal autrichien Der Standard, le 27 janvier 2022,
dernières nouvelles de Gusen.

Le jumeau oublié de Mauthausen

En mai de l’année dernière, la république a annoncé l’achat des zones centrales du site de l’ancien camp de concentration de Gusen. Maintenant, le processus de conception proprement dit commence.

La petite commune de St. Georgen an der Gusen dans le Mühlviertel compte 4 000 habitants, 2 502 habitants vivent dans le village voisin de Langenstein. Deux lieux qui ont un point commun : on vit ici sur un terrain historiquement très marqué. Les parties centrales de l’ancien camp de concentration de Gusen étaient situées là où se trouvent maintenant de jolies maisons particulières.

Bien que le camp de concentration de Gusen fût un camp annexe de Mauthausen, il était environ deux fois plus grand que le camp principal. Au moins 71 000 personnes ont été retenues captives rien qu’à Gusen, environ la moitié d’entre elles ont été assassinées. Au prix de leur vie, les prisonniers ont dû construire un système de galeries souterraines dans lequel les nazis développaient la production secrète d’armements sous le nom de code « Bergkristall ». Hormis le camp principal de Mauthausen, Gusen était le seul camp du Grand Reich allemand « de niveau III ». Pour les prisonniers, cela signifiait « l’anéantissement par le travail » dans les carrières et dans les tunnels souterrains.

Pression polonaise

Une grande partie des victimes venaient de Pologne, où on ne considère pas Gusen comme un simple camp annexe, mais plutôt comme un camp jumeau de Mauthausen – ce qui explique aussi la pression du gouvernement polonais et des associations de victimes polonaises pour une culture de la mémoire adéquate.

Mais il ne s’est rien passé du côté autrichien pendant longtemps. Bien qu’avec la refonte de l’exposition dans l’ancien camp de concentration de Mauthausen l’histoire sanglante de Gusen soit mieux intégrée dans le concept mémoriel, rien ne change pourtant dans le patchwork du tapis commémoratif dispersé dans les deux villages. Une étude de faisabilité préparée en 2018 a également rapidement disparu dans le tiroir du gouvernement. Puis, en 2019, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a annoncé que son pays était intéressé par l’achat des vestiges du camp pour en faire un lieu de mémoire digne.

Les intentions d’achat polonaises ont stimulé la motivation au sommet national de l’État. Le 4 mai de l’année dernière, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Karl Nehammer (ÖVP), a annoncé l’achat de la zone d’entrée du système de tunnel Bergkristall à St. Georgen, de deux baraquements de l’administration SS, du concasseur de pierres et de parties de la place d’appel à Langenstein. 

Parc commémoratif

Cependant, les contrats d’achat n’ont été officiellement signés que le 24 décembre de l’année dernière devant un notaire de Linz. Le retard s’expliquait, entre autres, par de nouvelles mesures des terrains. Mais surtout, il fallait clarifier la question de savoir quels autres achats de terrains étaient encore nécessaires pour pouvoir relier à l’avenir les anciennes zones du camp de concentration, par exemple la place d’appel et le concasseur de pierres en surplomb.

En tout cas, dans les rangs des organisations mémorielles locales, on a déjà une idée claire de ce à quoi devrait ressembler la culture du souvenir dans les deux localités à l’avenir. Martha Gammer, présidente du Comité du souvenir de Gusen, a suggéré un « parc commémoratif » dans l’interview au Standard : « Des anciennes baraques SS à l’est via la place d’armes jusqu’au concasseur de pierres, puis à une voie publique menant au Mémorial de Gusen : un parcours audiovisuel à travers les différentes zones. Avec des panneaux explicatifs et les voix des survivants ».
En tout cas, ce dont elle ne veut pas, ce sont de « grands bâtiments neufs » : nouveau centre d’accueil, centre éducatif ou même hôtel. « Nous n’avons pas besoin de grandes entreprises, y compris de tourisme en bus, comme au Mémorial de Mauthausen. La population locale n’en veut certainement pas non plus. »
Barbara Glück, directrice du Mémorial de Mauthausen et également responsable de la zone de Gusen, a annoncé au Standard que les préparatifs étaient terminés et que « le processus de conception proprement dit commencera sous peu ». Et toutes les parties prenantes seront impliquées. « La population de la région est tout aussi importante que les représentants internationaux. Nous réunirons tout le monde pour discuter de ce qui est nécessaire à Gusen ». Madame Glück s’attend à une « période de programmation d’environ deux ans ».
Le travail de mémoire est toujours un travail de médiation. Selon Madame Glück : « Il s’agit de créer des aides visuelles pour transmettre à cet endroit même ce qui s’y est passé à l’époque. » En même temps, il s’agit de maîtriser un processus dans lequel, au final, il est « tout à fait évident pour la population et la région que cela fait partie de la vie, du quotidien ». L’objectif est de faire un « travail de commémoration durable ». Elle conclut : « Je suis convaincue que le processus est tout aussi important que le résultat. »

traduction : Niklas Graf

Les photos de Mauthausen sont dans l’actualité

L’exposition La part visible des camps. Les photographies du camp de concentration de Mauthausen poursuit son parcours. Elle est à Évreux du 21 février au 19 mars, d’abord au lycée Léopold Sédar Senghor, puis à la Médiathèque Rolland-Plaisance.

Le film Les résistants de Mauthausen, de Barbara Necek, qui raconte l’histoire des photos SS dérobées, exfiltrées du camp puis d’Autriche à la Libération, sera de nouveau au programme d’Arte le 18 février à 11h, et accessible en replay jusqu’au 10 mars.*

Le 5 mars, de 14 à 18h, Table ronde à la médiathèque d’Évreux : « Regards croisés sur les photographies du camp de Mauthausen ».

* à voir (ou revoir) également sur Arte et jusqu’au 10 mars : Les marches de la mort – printemps 1944 – printemps 1945, documentaire de Virginie Linhart, 2019, 90 mn.
et sur Histoire TV jusqu’au 24 mars : Les nazis de Nuremberg, réalisé par Jenny Ash, 2020, 67 mn.
En complément :
– Visite à Nuremberg (Frédéric Ricol) : bulletin n°4 (février 1946, p. 36)
– Histoires : Boix à Nuremberg – extraits de la déposition de Francisco Boix des 28 et 29 janvier 1946 : bulletin n°348 (avril 2017, p. 16) et sur notre site Internet, dans la rubrique « dossiers thématiques » : Boix, de Barcelone au cimetière du Père-Lachaise…

Voyage de mémoire en Autriche, 13-17 mai 2022

Pour s’inscrire, contacter l’Amicale (par téléphone : +33(1) 43 26 54 51 ou par mail : mauthausen@orange.fr).
Date limite d’inscription : 15 mars 2022.

Option très court séjour possible (1 nuit sur place : samedi/dimanche)
Chaque participant organise son déplacement France / Autriche (vol, train, voiture). L’Amicale peut néanmoins réserver le vol, sur demande individuelle. Si vous avez décidé de participer à ce voyage, ne tardez pas à acheter vos billets de transport.
Il a de soi que tout est fonction de l’évolution de la situation sanitaire.

L’accueil et la prise en charge du groupe des participants a lieu à l’arrivée à l’hôtel, à Sankt Valentin (aisément accessible directement en train, depuis l’aéroport de Vienne-Schwechat, ou, pour ceux qui effectuent le trajet en train depuis la France, après changement à Linz).

PROGRAMME

En mai, il est déterminé par le calendrier des principales cérémonies auxquelles l’Amicale peut participer.

  • samedi 14 mai
    • Cérémonie à Ebensee
    • Visite du camp central
    • Cérémonie à Gusen
  • dimanche 15 mai
    • Mauthausen : cérémonies au monument français, au monument des républicains espagnols
    • 11 heures : cérémonie internationale
    • Après-midi : Hartheim   
  • lundi 16 mai
    • Cérémonie à Melk 
    • Cérémonie à Steyr 

L’établissement du prix du séjour dépend pour une part significative du nombre des inscrits.

En mars, l’Amicale sera en mesure d’affiner le montant demandé à chacun. Il devrait être de l’ordre de 600 €.

Pléïade : L’Espèce humaine et autres écrits des camps.

Édition publiée sous la direction de Dominique Moncond’huy, avec la collaboration de Michèle Rosellini et d’Henri Scepi. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1 696 p., sept. 2021. Préface par Henri Scepi.

Parmi les très nombreux écrits publiés depuis 1945 par les déportés rescapés, certains sont d’authentiques œuvres de littérature et ont à ce titre une importance majeure pour avoir inscrit dans la culture contemporaine, par le medium de l’œuvre d’art, le fait essentiel que fut le système concentrationnaire-exterminateur nazi, plus exactement l’agression sans égale qu’il a commise à l’encontre de l’humanité. Est-il encore des historiens – et quelques zélotes – attachés à tenir à distance le témoignage, du fait de son essence subjective ? Ce consternant malentendu a fait du rescapé rien de plus qu’un « témoin » : mot malheureux, insidieusement emprunté à la sphère judiciaire, qui suspecte et pourchasse les éventuels manquements à la « vérité », dépossédant les acteurs / victimes / héros (ces désignations sont inessentielles ici) de la maîtrise du « savoir-déporté », pour emprunter à Anne-Lise Stern cette trouvaille conceptuelle. Charlotte Delbo, bien avant Jorge Semprun, a vertement révoqué le soupçon par l’énoncé fameux placé en exergue du premier volume de la trilogie Auschwitz et après : « Aujourd’hui, je ne suis pas bien sûre que ce que j’ai écrit soit vrai. Je suis sûre que c’est véridique ».

Les éditions Gallimard accueillent dans la prestigieuse « Bibliothèque de la Pléiade » – à peu près inchangée depuis 1931, elle propose sur papier bible les grandes œuvres de la littérature  universelle ; cette parution en constitue le 660e opus – des textes écrits en français, dont quelques grands récits bien connus (de nous), publiés par des rescapés des camps nazis : David Rousset, L’univers concentrationnaire (1946), Robert Antelme, L’espèce humaine (1947), Elie Wiesel, La nuit (1958), Auschwitz et après de Charlotte Delbo (premier texte écrit peu après le retour, les trois publiés en 1970 et 1971), et l’un des quatre récits de Jorge Semprun qui traitent de son internement à Buchenwald, L’écriture ou la vie (1994). Le Pléiade contient aussi des œuvres d’une autre facture : un « article » de François Le Lionnais, La peinture à Dora (1946 dans la revue Confluences ; 1999 aux éditions L’échoppe) ; un court essai de Jean Cayrol, De la mort à la vie (1949, 1997), et le magistral « Commentaire » du film d’Alain Resnais Nuit et Brouillard (1955). Enfin, un « roman » (troué de poèmes) de Piotr Rawics, Le sang du ciel (1961), qui évoque les conditions de l’arrachement, vers un devenir hors champ, des juifs d’Ukraine, ou leur élimination sur place. Il faut saluer le fait que cet écrivain d’un seul livre ait trouvé place dans celui-ci, et souligner que seuls Cayrol et Le Lionnais avaient écrit et publié avant la déportation.

Tous ces textes sont disponibles en édition courante. Leur publication dans la Pléiade recouvre des intentions spécifiques : elle les place sous un même regard, en propose une édition  scientifique, les hausse (en français) au registre de l’universel. L’appareil critique est la principale raison d’être du livre : préface, introduction, chronologie et bibliographie générales, notices présentant chaque auteur et chaque texte, notes – soit le quart du volume total. Un Pléiade, a fortiori sur un tel corpus, n’invite pas à une lecture de plaisir.
Or, loin de graver dans le marbre un ensemble d’œuvres à valeur patrimoniale, ce livre soulève, parfois sans le vouloir, un grand nombre de questions intéressantes. Au modeste niveau d’une association de mémoire de camp, osons en poser quelques-unes.

Le premier étonnement est le titre sous lequel le corpus s’affiche : fallait-il commencer par anonymiser ces œuvres, considérer comme identifié l’auteur du récit-titre (Antelme), et placer d’office les autres dans l’ombre du celui-ci ? La deuxième interrogation est l’emploi, générique jusqu’au flou, du mot « camps ». Le qualificatif « nazis » eût été, nous semble-t-il, un ajout utile, d’autant que, parmi les universitaires spécialistes de la question, présents dans la bibliographie, certains ont étendu le champ d’enquête au goulag soviétique, Rousset lui-même ayant eu l’audace d’inviter les Français dès 1948 à faire de même – ceci étant, nous ne militons pas pour les amalgames, sauf précautions argumentées. Quant à la distinction en usage depuis plusieurs  décennies entre systèmes concentrationnaire et exterminateur nazis, elle a conduit aujourd’hui à nommer les lieux du second système des « centres de mise à mort », et non des camps, puisque la grande majorité des victimes n’y vécut pas le temps de l’internement. Les auteurs de ces textes furent détenus à Buchenwald, Dora, Dachau (via un Kommando), Auschwitz, Neuengamme, Ravensbrück, Mauthausen (et Gusen). Rawics fut déporté « politique » à Auschwitz, sa judéité n’ayant pas été repérée par ceux qui en Ukraine l’arrêtèrent, mais cette détention n’est pas l’objet (direct) de son livre. La compilation des textes égrène donc incidemment une liste de la plupart des principaux camps. Était-il possible de ne pas faire de différence – sauf, visiblement, dans les bibliographies, où le versant génocidaire du système semble prépondérant – entre les lieux que les uns et les autres subirent, alors que les juifs, y compris bien sûr dans les camps dits « de concentration », y sont morts plus vite que les autres ? Disparité de sorts et de vécus indéniablement, et quantités inégales de « témoins » ayant écrit. Rappelons que le nombre de déportés français « de répression » fut, au départ de France, sensiblement plus élevé que celui des déportés « de persécution ». Cette question ne semble pas avoir retenu l’attention, du moins rien ne l’indique. Signalons en passant une bourde surprenante, dans l’introduction générale de D. Moncond’huy (p. 47), qui fait de Pierre Daix un « déporté à Buchenwald »…

L’une des lignes de force soutenues par l’équipe éditoriale est de n’avoir retenu que les déportés ayant écrit en français. Est-ce pertinent, est-ce tenable ? L’argument avancé est le contexte d’écoute et d’écriture, « notamment politique, de chaque pays », et donc « le cadre spécifique de la littérature française, de ses traditions et de son évolution ». Cette réalité prévaut-elle sur le cosmopolitisme contraint que furent les camps, cette Babel infernale imposée par l’ordre SS ?
Le rapport à l’autre – les autres langues sont une face de l’invivable – hante tous les récits de rescapés. Les « solidarités », aussi ténues qu’elles aient été, ont triomphé de ces murs d’incompréhension et de haines construites ou exacerbées par le système, elles ont ainsi été le cœur dramaturgique des Serments prononcés à Buchenwald puis Mauthausen libérés, premiers messages lancés à la face du monde, qui clamèrent une conscience internationaliste – en 12 langues sur l’Appellplatz de Mauthausen, le 16 mai 1945. Est-il permis de douter que les cloisons des identités linguistiques aient été une exigence prédominante des survivants rapatriés – ou, comme Rawicz et tant d’autres, arrivant en France terre d’accueil ? Et d’ailleurs, les éditeurs ne se privent pas d’étayer leurs intentions par des références allogènes, qui attestent une évidence transnationale des enjeux. Et puis, placer hors champ Primo Levi ne pénalise-t-il pas le projet entrepris ? Pour s’en tenir à trois noms, nommons aussi Imre Kertesz et Boris Pahor : le premier reçut le Nobel ; du second, dont l’œuvre s’inscrit sur la frontière de trois ou quatre identités nationales et linguistiques (slovène, italien, allemand, français), le nom avait circulé pour la même distinction. Peter Kuon, qui fut professeur en langues romanes à l’université de Salzburg, a estimé éclairant, pour sa part, de lire les Italiens et les Français dans une démarche comparatiste. La réception faite en Italie à la première publication de Levi en 1946 fut-elle si éloignée du sort fait aux Français, qui tous bien sûr n’ont pas reçu, les premières années, l’accueil réservé à Rousset ou, dix ans plus tard, à Wiesel (porté par une préface de Mauriac). Vingt ans plus tard, André Lacaze vendit en quelques semaines 200 000 exemplaires de son « roman » qui raconte, à sa manière, Le tunnel du Loibl Pass (Mauthausen), absent de la bibliographie, probablement pas par ignorance : ceci éclaire plutôt le cœur des logiques du Pléiade, nous allons y venir.
La notoriété des uns ou des autres n’est assurément pas le critère qui fit retenir celui-ci et repousser celui-là. Il arrive cependant qu’elle ait un rôle : quel autre motif de mentionner, au moins dans la bibliographie, rubrique « Écrits de déportés » (où figurent trois rescapés de Mauthausen, outre Cayrol), Gilbert Debrise (Gilbert Dreyfus) et ignorer François Wetterwald ?
Voici l’affaire, qui mérite d’être rappelée ici. Les deux hommes eurent des vécus identiques de médecins au Revier de Mauthausen, puis à celui d’Ebensee. L’un et l’autre écrivirent dès leur retour. Debrise publia en 1945 Cimetières sans tombeaux (La Bibliothèque française), avec une préface d’Aragon. Il signale le texte de son camarade Wetterwald, que celui-ci n’avait « aucune intention de publier », aux Éditions de Minuit, qui l’accueillent « avec enthousiasme ». Le livre parut en 1946, à dix mille exemplaires, remarqué par la critique ; deux semaines plus tard, « les invendus furent mis en pilon », Aragon étant venu « reprocher véhémentement aux responsables d’avoir publié un livre sur la déportation qui ne disait mot des communistes ». Telle était l’époque. En 1991, l’auteur, « poussé par ses amis », fit reparaître « cet opuscule » (qu’il désignait en 1945 comme « quelques pages » – en réalité 188 p., aux Éditions de Minuit). De Peter Kuon, Dominique Moncond’huy, directeur de la publication du Pléiade, retient les analyses qu’il propose de Cayrol ; il n’ignore pas que son collègue autrichien a fait porter son étude sur le corpus intégral des quelque 120 écrits publiés par les Français, hommes et femmes, qui furent détenus à Mauthausen, et accordé une attention admirative au texte de Wetterwald, pour les qualités de l’écriture et pour le profil singulier qu’il offre. Le préfacier d’une réédition plus récente (Thierry Féral pour L’Harmattan) juge que le texte de Wetterwald est « un chef d’œuvre d’humanisme », assurément désenchanté.
Au sein de chaque association de mémoire de camp, les choix – parmi les œuvres retenues, ou parmi les auteurs figurant en bibliographie – auront été l’objet, fatalement, de ce type d’observations, qui reflètent avant tout des familiarités constamment activées avec les archives, les bibliothèques privées et associatives qui nourrissent nos activités. Si bien sûr tous les livres ne pouvaient entrer dans la Pléiade, ni même tous signalés en bibliographie, symétriquement certains auraient pu ne pas y retenir l’attention, dans un tel contexte, qui a vocation à proposer les incontournables et ceux qu’il importe de sortir de l’ombre, eux seuls. Ainsi et a fortiori, parmi les « Autres écrits (récits, fictions, théâtre…) sur les camps nazis », fallait-il absolument mentionner Olivier Guez (pour son récit de la cavale de Mengele), tandis que sont absents Hubert Haddad, Alain Fleischer, et les escarpements essentiels, dans le champ esthétique, où nous conduisent les textes, par exemple, de Samuel Beckett bien sûr (que mentionne D. Moncond’huy), et aussi de W.G. Sebald, Heimrad Bäcker – puisqu’il s’agit de nommer, dans le domaine littéraire, des œuvres de la modernité signées de non-déportés ? Enfin, si Le Lionnais est l’un des huit écrivains du Pléiade, comment comprendre que Le Verfügbar aux enfers de Germaine Tillion ne soit pas même signalé ? Certes, les circonstances de l’écriture furent significativement distinctes, mais la maïeutique et les postures sont extraordinairement voisines, peinture ici, musiques là – et l’on peut soutenir que le brio, l’audace et la portée du texte de Tillion l’emportent sur l’ « article » de Le Lionnais. Certes, tout choix est un renoncement et les subjectivités sont légitimes.
Rescapés français de Mauthausen, Paul Tillard (dont seul est mentionné le Mauthausen de 1945), Pierre Daix, Jean Laffitte et, déjà évoqué, André Lacaze, ont publié des romans, plus ou moins autobiographiques, nourris de l’expérience du camp, témoignant de vrais savoir-faire pour camper des personnages, tracer, sur la longueur, une narration, et distiller aussi, avec une réussite variable, des analyses idéologiques. Au niveau qui lui est reconnu, Semprun est dans cette catégorie – Delbo non ! – qui a priori ne définit pas l’épicentre conceptuel du Pléiade, tel que le définit D. Moncond’huy. Celui-ci est plus exigeant : montrer, comme Roland Barthes l’a compris de Cayrol, où à la façon dont Georges Pérec et Maurice Blanchot ont lu Antelme, que « les camps » ont brisé notre modernité, et que ce constat attesté à de multiples registres, philosophiques, juridiques, le champ culturel et artistique ne peut s’en exonérer. Il n’est pas possible que les codes de l’écriture n’en soient pas radicalement changés. Y a-t-il du sens dans le fait que la poésie soit absente du livre, sauf les poèmes dont Rawicz parsème son récit baroque, en tout cas jamais considérée ? Car, contrairement à notre époque, le milieu du xxe siècle français fut une acmé du poétique. L’énoncé de Theodor Adorno – écrire un poème après Auschwitz est barbare – hante les décennies de l’après-guerre. Dominique Moncond’huy met en lumière le parcours reliant quelques écrits des camps qui expriment la conscience de cet effondrement du sujet humain et du statut de l’espèce humaine. Il apparaît néanmoins que, si l’œuvre de Cayrol s’est construite sur ces effrois, l’impossibilité d’écrire le récit de sa détention à Gusen le conduit à l’annonce d’une écriture « lazaréenne », que peut-être ses textes ultérieurs mettent en œuvre : ils sont hantés par l’empreinte en creux du camp, sans que celui-ci soit représenté. Les deux textes de Cayrol retenus pour cette publication relèvent-ils d’ailleurs distinctement de l’écriture littéraire ?

Ainsi ce livre touche à l’essentiel, mais le cadre qu’il s’est fixé – déportés écrivains, domaine français – n’en accueille parfois que les prémisses, d’où l’importance des discours introductifs de Dominique Moncond’huy. Deux ultimes perplexités, qui n’en font qu’une : le papier bible était-il le meilleur support de cette investigation ? Convenait-il d’annoncer des « chefs d’œuvre de la littérature du second xxe siècle » ?
Parmi les quelques universitaires qui ont travaillé en France (ou en français) sur la littérature concentrationnaire, tous mentionnés en bibliographie – Catherine Coquio, Philippe Mesnard, François Rastier l’indocile, Luba Jurgenson, Peter Kuon,… –, l’équipe en charge de ce Pléiade apparaît venue de plus loin, considérer à distance l’époque, le sujet, le corpus, et ses pairs. Ce décentrement est a priori une bonne position ; mais la proximité et l’immersion ont aussi des vertus.

Sur chacune des interrogations énoncées, il y aurait beaucoup plus à dire, même sous l’angle qui est le nôtre. Pour nous, ce volume de la Pléiade est d’emblée un bel instrument de travail.

Daniel Simon

L’Espagne en quête de sa mémoire de la déportation

Nous publions ci-dessous une version longue de l’impressionnant relevé, effectué par Nathalie Serra pour le bulletin de notre Amicale, des articles qu’en trois mois la presse espagnole a consacrés à ce sujet et, en particulier, à Mauthausen. Nous avons, dans un simple souci de présentation, distingué quatre thèmes : les actes et débats publics, l’évocation des destins individuels, les interrogations sur l’exil doré offert par le pouvoir franquiste aux nazis, les publications et conférences historiques.

Actes et débats publics

  • 29 septembre, Europa-press et 20 Minutos : le parlement de La Rioja a voté à l’unanimité un hommage aux 18 Riojanos déportés dans les camps nazis.
  • 1º octobre, Onda Cero ; 4 octobre, Información.es ; 7 octobre, La Vanguardia, TVT Televisión Torrevieja : nombreux articlessur l’hommage rendu, à Rojales le mercredi 6, aux 35 habitants de la région de la Vega Baja victimes des camps de concentration qui ont souffert l’horreur de Mauthausen-Gusen. Seulement 12 ont survécu à l’holocauste. La Generalitat Valenciana livre aux maires des différents villages les pierres de mémoire de chaque déporté : 240 ont été livrées aux municipalités de la Communauté valencienne pour être installées à des endroits visibles dans les villes où sont nées les victimes. 7 octobre, Información : polémique sur l’absence des maires du PP* dans l’hommage aux habitants de la Vega Baja victimes des camps de concentration nazis. Les représentants populaires d’Orihuela, Torrevieja, Callosa, Albatera, Cox et Redován n’ont pas assisté à l’événement auquel ils ont été invités à recevoir une plaque commémorative.
  • 5 octobre, El Periodico de Aragon, Vivir, Alto Aragón : la Ribagorza rendra hommage aux 23 habitants victimes des nazis. La ville de Graus, avec la participation de l’Amical de Mauthausen y otros campos, découvrira une plaque à la mémoire de ceux qui sont passés par les camps de concentration.
  • 5 octobre, Heraldo de Aragón : le Journal officiel d’Aragon publie ce mardi la liste des vingt projets de mémoire démocratique qui ont bénéficié de l’appel à aide de 135 000 euros promus par la Direction générale du patrimoine culturel. L’Amical de Mauthausen sera une des associations à recevoir une subvention.
  • 6 octobre, Comarcal CV : la Generalitat Valenciana a accordé, à titre posthume, la distinction « 9 Octubre » à l’anarchiste César Orquín pour avoir sauvé 300 Espagnols à Mauthausen.
  • 19 octobre, Levante El Mercantil Valenciano : la Commission « 9 Octobre » de Torrent demande que des rues soient dédiées aux 5 victimes du franquisme, dont deux déportés à Mauthausen.
  • 19 octobre, Jacetania Express, Radio Huesca : Sallent pose un « Stolperstein » en hommage à Angel Ojer Buil, assassiné à Gusen.
  • 21 octobre, El Comercio : revendication de la reconnaissance de tous les asturiens victimes des camps de concentration. La demande a été présentée au PSOE lors des Journées de la Mémoire.
  • 21 octobre, La Cerca, Voces de Cuenta, elDiario : l’ARMH* de Cuenca critique le silence des mairies face aux demandes de reconnaissance des déportés. Dans ces villes, l’ARMH a placé, là où les déportés avaient vécu, des « pierres de mémoire » en papier.
  • 22 octobre, El Dia de Segovia, Segoviaudaz, Segovia Directo : mise en place de « Stolpersteine » en hommage aux deux habitants de La Granja déportés à Mauthausen.
  • 27 octobre, Diari Mes Digital : mise en place de 10 « Stolpersteine » à Flix, 9 déportés à Mauthausen et 1 à Buchenwald.
  • 29 octobre, La Vanguardia, Europapress : Terrassa pose les 3 premières « Stolpersteine ». Il y en aura 3 autres sous peu.
  • 1er novembre, Andalucia Información, Europa Sur : la mairie de La Línea organise une offrande florale pour honorer les victimes des camps de concentration.
  • 2 novembre, La Voz de Galicia : un cimetière symbolique à Cerdedo rend hommage aux victimes du franquisme, dont Martiño Ferreiro Alvarez décédé à Mauthausen.
  • 3 novembre, Diari Mes Digital : inauguration à Tortosa d’un espace en hommage aux 36 déportés, où seront installées les « Stolpersteine » correspondantes, et cycle de conférence sur le photojournalisme dont une partie sera consacrée à Antoni Garcia.
  • 4 novembre, Agence EFE, El Español de Alicante : hommage à Altea aux 18 victimes des camps de concentration nazis de la province d’Alicante. Les pierres de mémoire créées par la Generalitat Valenciana ont été remises aux familles ou aux autorités en présence de Monica Oltra, vice-présidente.
  • 10 novembre, La Marina Plaza ; 16 novembre, Calp Digital : hommage aux deux déportés de Calp, la mairie a reçu les pierres de mémoire de la Generalitat Valenciana.
  • 11 novembre, Castellón Plaza, Periodico Mediterraneo, El Periodic, Castelló Extra : Rosa Perez Garijo, Consellera de Participació, rend hommage aux 28 déportés de la Plana Baixa.
  • 11 novembre, el Periodico CLM : le maire (PP) de El Provencio (Cuenca) qualifie la mémoire historique de « posture pour la galerie » et refuse un hommage à un voisin décédé à Mauthausen.
  • 14 novembre, La Nueva España, La Voz de Asturias : le monument à la mémoire des victimes de l’Holocauste à Oviedo subit une attaque antisémite.
  • 17 novembre, Las Provincias : les élèves du lycée Andreu Sempere d’Alcoi recherchent les familles des déportés d’Alcoi pour leur rendre hommage le 10 décembre en collaboration avec le réseau « Plus Jamais ».
  • 18 novembre, El Mercantil Valenciano : hommage aux 18 victimes de la déportation des comtés de La Ribera Baixa et La Safor.
  • 21 novembre, El Ideal Gallego, Enfoques.Gal, La Opinión : la ville de La Coruña rend hommage à Martin Ferreiro Alvarez, conseiller municipal de travaux publics, assassiné à Gusen.
  • 21 novembre, El Comercio : investigation de Concepción Paredes, directrice de l’archive historique d’Asturies, pour l’identification des asturiens victimes des camps de concentration.
  • 26 novembre, Europa Press : la Diputación de Valence rend hommage aux trois habitants de Favara, déportés à Buchenwald.
  • 29 novembre, elDiario.es : l’ARMH regrette que le silence administratif « tue par l’oubli » les déportés de Cuenca des camps de concentration nazis. L’association a posé des « pierres en papier » pour protester contre les autorités qui ignorent ses demandes d’hommage.
  • 30 novembre, elperiodic.com, el Levante Mercantil : la conseillère Pérez Garijo rend hommage aux 15 personnes de la région du Canal de Navarrés victimes de la déportation. Les pierres de mémoire ont été remises aux familles.
  • 2 décembre, El Diario de la Mancha, La Tribuna de Albacete, el Digital de Albacete, CLM 24 : Albacete rejoint l’initiative « Stolpersteine » à la mémoire des 25 Albaceteños déportés dans les camps nazis.
  • 6 décembre, Murcia.com : la municipalité de Mazarrón rend hommage à la constitution, au drapeau national et aux victimes de Mauthausen.
  • 6 décembre, El Periodico Mediterraneo : Moncofa rend hommage aux habitants de la ville qui ont souffert l’enfer nazi.
  • 9 décembre 2021, Nuevocuatrouno : le gouvernement local de la Rioja rejette la proposition d’hommage aux déportés à Mauthausen de la Rioja.
  • 11 décembre, CadenaSer, Diario Información, Nostre ciutat : Alcoy rend hommage aux déportés dans les camps nazis et crée un Lieu de la Mémoire avec la participation de la « Red Nunca Mas » de l’Amical de Barcelone.
  • 13 décembre, Las Provincias : Canals accueille l’hommage des 16 victimes de l’Holocauste dans la région de La Costera. Le conseiller de Qualité démocratique remet aux proches et aux représentants locaux les « Taulells de la Memòria ».
  • 14 décembre, Ahora Granada : un monolithe à Láchar en souvenir d’Eugenio Armando Pardo, emprisonné à Mauthausen.
  • 17 décembre, Diario de Madrid : le district de Salamanque rend hommage à un voisin, Gregorio Huete, déporté dans les camps de concentration allemands, décédé à Gusen. Le conseiller José Fernández a assisté à la pose d’une plaque dans ce qui était son domicile.
  • 17 décembre, Soyde, Gacetín de Madrid : Ciudad Lineal rend hommage à deux déportés dans les camps de concentration nazis. Le conseiller Angel Niño a accompagné les proches des victimes dans les rues de l’apôtre Santiago et de l’Elfe.
  • 17 décembre, Ara : L’Amical de Mauthausen dénonce la banalisation du nazisme dans le débat sur l’immersion linguistique en Catalogne.
  • 18 décembre, La Nueva España, Europa Press, La Voz de Asturias, El Comercio : « pavés de mémoire » pour ceux qui ont été déportés dans les camps du nazisme. Le Département de la mémoire démocratique cherche les résidences des 32 victimes de Gijón pour y installer les symboliques « Stolpersteine ».

Destins individuels

  • 29 septembre, elDiario.es : article décrivant les recherches faites par David Rivares pour refaire le parcours d’Antonio Monreal Serrate, maître d’école, entre Lierta et Mauthausen.
  • 30 septembre, COPE : 111ème anniversaire de la naissance d’Angel Sanz Briz, l’Ange de Budapest ; le centre Sefarad publie la liste de ceux qu’il a sauvés.
  • 1er octobre, 65ymas : article sur la publication du livre El hombre más feliz del mundo d’Eddie Jaku, un survivant de l’holocauste (Auschwitz) de 101 ans.
  • 1er octobre, La Sexta : article sur le rôle de Francesc Boix pendant le procès de Nuremberg et l’importance des photos que les nazis voulaient détruire.
  • 3 octobre, Deia, Noticias de Guipuzkoa, Mulgari : une recherche de Josu Santamaria révèle la vie de Manual Mogrovero, « un homme sans histoire », milicien de l’armée du Pays basque, réfugié à Gurs, engagé dans la légion française et survivant de Mauthausen
  • 6 octobre, La Voz de Avila : María Luisa Ramos, le voyage entre Mauthausen et Avilés. L’Avilesina, rescapée de la menace nazie, reçoit un hommage lors des iiie Journées de la mémoire démocratique. María Luisa Ramos Barril (Avilés, 1929) n’est pas entrée dans un camp de réfugiés dans les territoires occupés par l’Allemagne nazie, mais elle a passé plus de dix-neuf jours et dix-neuf nuits dans un wagon à bestiaux rempli de femmes et d’enfants lors d’un voyage de Bordeaux à Mauthausen et retour en Espagne.
  • 21 octobre, el Periodico de Aragón, Rojo y Negro : communication du décès de Martin Arnal Mur, échappé du camp d’Angoulême.
  • 27 octobre, La Tinta (Argentina) : article biographique sur Enric Marco, président imposteur de l’Amical de Mauthausen y otros campos.
  • 9 novembre, Onda cero : biographie de « Paulino », boxeur survivant de Mauthausen.
  • 12 novembre, EL Diario de Leon : Jeronima Blanco et les 11 de Mauthausen. Résumé des recherches effectuées par l’ARMH.
  • 13 novembre, Ideal de Granada : « Il est mort dans un camp de concentration nazi (Mauthausen) et je peux enfin le regarder dans les yeux. » Une jeune femme a fait des recherches pendant trois ans pour reconstituer l’histoire de son grand-oncle et obtenir une photo de son visage.
  • 14 novembre, El Faro de Vigo : Enric Marco, ex-président de l’Amical de Mauthausen y otros campos est cité dans un article sur « le mensonge comme mode de vie ».
  • 8 décembre, Diario de Navarra : hommage ce vendredi à Alejandro Elizalde, un Navarrais emprisonné à Mauthausen.
  • 9 décembre, Huffpost : article sur Domingo Velez, survivant de Mauthausen.
  • 11 décembre, Deia : article sur la vie d’Alejandro Elizalde, un Jeltzale* navarrais résistant dans les camps nazis, libéré à Mauthausen mais décédé à son arrivée en France.
  • 13 décembre, La Verdad : « La voix étouffée d’un poète de Lorca à Gusen (Mauthausen) », biographies. Andrés Munuera Romero, exilé après la guerre civile, est déporté en Autriche et en Allemagne, où on perd sa trace dans le camp de concentration de Gusen.
  • 21 décembre, Ara Info, El Periodico de Aragón : un documentaire sonore fait revivre Elisa Garrido : née à Magallón, résistante et antifasciste, survivante du nazisme.

Présence des nazis en Espagne

  • 29 septembre, La Marina Plaza : article de fond sur la présence de nazis à Denia suite à la série Jaguar et au film El Substituto qui traitent de ce sujet.
  • 3 octobre, Infolibre : l’Espagne comme refuge doré et accepté par les autorités franquistes des nazis échappés d’Allemagne.
  • 30 octobre, ABC : article sur la « vérité » de la retraite dorée du boucher de Mauthausen à Denia. L’intérêt de la presse vient de la sortie du film El Substituto.

Histoire, publications et conférences

  • 6 octobre 2021, La Nueva España, La Voz de Avilés : l’historien Antonio Muñoz Sánchez a réussi à confirmer l’existence de 186 Asturiens qui ont souffert les camps de concentration et d’extermination répartis dans toute l’Allemagne du Troisième Reich. Il a fait une conférence hier au CMAE, sur les originaires d’Avilés qui ont vécu l’horreur des camps de concentration nazis, au sein de la iiie Conférence de la mémoire démocratique. Inés Iglesias Martínez donnera une conférence le 21 (19h00) sur la tombe de La Piñera.
  • 19 octobre, Catalunyapress : Mauthausen, une des 10 000 « usines de la mort ». Article de fond sur le camp et ses implications économiques.
  • 25 octobre, SoriaNoticia : présentation de la « Semaine de la Mémoire historique », une partie est dédiée à la déportation, exposition Stolenmemory et pièce de théâtre La Voz de mi Abuelo, Mauthausen.
  • 26 octobre, El Nacional.cat : le parlement catalan présente le « Guide pratique du jour des victimes de l’holocauste », le document couvre toute la déportation, non seulement la déportation juive. Il est destiné principalement aux étudiants et veut lutter contre la banalisation de la déportation.
  • 27 octobre, La Vanguardia : présentation du livre Noche y Niebla en los campos nazis de Mónica G. Alvarez, avec la participation de Joan Calvo, président de l’Amical de Mauthausen y otros campos.
  • 29 octobre, ZienrziaAstea : présentation d’un itinéraire didactique, de Euskadi à Mauthausen.
  • 31 octobre, CordobaHoy : un documentaire sur les républicains de Cordoue morts dans les camps nazis inaugure le cycle de cinéma Afoco.
  • 1er novembre, El Independiente s’offusque que les Espagnols esclaves des nazis restent dans l’oubli en Espagne, et présente l’exposition Rotspanier de Berlin.
  • 3 novembre, Murcia Plaza : présentation du livre Artistas en los campos nazis de Javier Molins.
  • 10 novembre, El Diario Vasco : inauguration de l’exposition Euskaldunak eta deportazioa, organisée par La Ilusión et l’Amical de Mauthausen y otros campos. Parallèlement au vernissage de l’exposition, l’historien Etxahun Galparsoro Ansola a donné une conférence. Galparsoro est l’auteur du livre Bilbao en Mauthausen : Memorias de supervivencia de un deportado vasco, basé sur l’histoire du déporté Marcelino Bilbao.
  • 24 novembre, La Razón : Juan Eslava Galan présente son nouveau livre Encyclopédie du nazisme raconté aux sceptiques.
  • 30 novembre, El Pais : article sur l’histoire oubliée des « Rotspanier », les Espagnols rouges esclaves des nazis.

*     PP : Partido Popular [Parti populaire], parti politique libéral-conservateur espagnol.
       ARMH : l’Asociación para la Recuperación de la Memoria Histórica [association pour la récupération de la mémoire historique] recueille des témoignages sur les victimes du franquisme.
       Jeltzale (ou Jeltzaleak, euskara-basque), militants ou partisans d’EAJ-PNB-Euzko Alderdi Jeltzalea, Parti nationaliste basque.

Les résistants de Mauthausen, un documentaire de Barbara Necek

Ce documentaire, présenté au Mémorial de la Shoah (17 rue Geoffroy-Lasnier, Paris IVe) le 24 octobre à 14h30, sera diffusé sur Arte le 25 janvier 2022 à 22h25.

Cf. bulletin n°356. Rappelons que le film traite des photos dérobées au labo photo SS par un petit groupe de détenus républicains espagnols, sorties du camp, camouflées dans un mur du jardin d’une habitante du village, Anna Pointner, où elles purent être récupérées à la libération et rapportées par les déportés libérés. Une partie importante de ce fonds est conservée aux Archives nationales, fonds de l’Amicale de Mauthausen.

Née en Autriche de parents polonais, Barbara Necek est journaliste et la réalisatrice de nombreux documentaires historiques.